Thaïlande : Un lycéen tue six personnes dans son établissement après avoir abattu ses grands-parents

Neuf personnes sont mortes, dont le tireur, sur deux scènes de crime distinctes. Le lycéen a d'abord abattu ses grands-parents à leur domicile avant d'ouvrir le feu dans son établissement de la province de Nonthaburi, ce vendredi 7 août. Le point sur ce que l'on sait.
Thaïlande : Un lycéen tue six personnes dans son établissement après avoir abattu ses grands-parents
Un adolescent a ouvert le feu dans son établissement du district de Bang Kruai, dans la province de Nonthaburi, en Thaïlande, ce vendredi. (capture écran / DR)
Par La Rédaction
Le vendredi 7 août 2026 à 10:32

Un adolescent de 14 ou 15 ans a ouvert le feu ce vendredi 7 août au matin dans son lycée du district de Bang Kruai, dans la province de Nonthaburi, au nord-ouest de Bangkok, en Thaïlande. Il a tué six personnes, trois élèves et trois enseignants, avant de se donner la mort. Ses deux grands-parents ont été retrouvés morts à son domicile, abattus avant qu'il ne rejoigne l'établissement. Quinze élèves ont par ailleurs été blessés, et deux personnes se trouvent dans un état grave. Le bilan s'établit à neuf morts, tireur compris.

Les premiers coups de feu ont été signalés vers 10 heures locales au lycée Debsirin Nonthaburi, un établissement secondaire réputé installé le long d'un axe passant du district de Bang Kruai. Selon les autorités du district citées par Al Jazeera, il comptait environ 3 100 élèves et 147 enseignants pour l'année scolaire 2025. Des photographies diffusées par les médias locaux montrent le suspect vêtu d'un uniforme scolaire violet, un sac bandoulière noir en travers du corps, tandis que plusieurs douilles apparaissent au sol. D'après le Bangkok Post, le tireur s'est retranché au troisième étage du bâtiment rose de l'établissement. Il y a été retrouvé mort, a indiqué l'Agence France-Presse.

Vingt-six balles tirées, 34 cartouches encore sur lui

L'adolescent était scolarisé en classe de Mathayom 3, l'équivalent de la troisième en France. Il a été découvert en possession d'un pistolet de calibre 9 mm. Dans un communiqué, la police a précisé qu'il avait tiré au moins 26 balles et qu'il détenait encore 34 cartouches lorsqu'il a été retrouvé. L'arme appartenait à son grand-père. Les enquêteurs ont annoncé mener "une enquête approfondie", le mobile restant à ce stade inconnu. Le père du suspect a été entendu.

Une seconde scène de crime a été ouverte au domicile familial dans la matinée. Deux personnes âgées y ont été découvertes sans vie, identifiées comme les grands-parents de l'adolescent, a indiqué la police locale. Les enquêteurs estiment que le lycéen les a abattus avec le pistolet de son grand-père avant de se rendre dans son établissement.

«Je pouvais même entendre les douilles frapper le sol»

Plusieurs témoins ont décrit les minutes de panique qui ont suivi les premiers tirs. Pawarisa Maylissa, une lycéenne citée par l'Agence France-Presse, se trouvait à l'étage inférieur. "J'ai entendu de très nombreux coups de feu, très forts, car il semblait que le tireur était à l'étage juste au-dessus. Je pouvais même entendre les douilles frapper le sol et le bruit du métal", a-t-elle raconté, ajoutant : "J'avais peur de mourir et de ne pas pouvoir poursuivre mes rêves."Un élève de 18 ans interrogé par Reuters a expliqué avoir d'abord cru à des pétards, avant que les détonations ne reprennent après un bref silence.

Thongchai Thanakat, conducteur de moto-taxi qui travaille depuis une vingtaine d'années devant le lycée, a vu les élèves se ruer vers la sortie. "J'ai vu des milliers d'élèves se précipiter dehors. Certains n'avaient même pas de chaussures", a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse. Il a également aperçu le corps d'un élève touché à la tête.

Quinze élèves ont été blessés dans la panique et la bousculade, selon les autorités, et deux personnes se trouvent dans un état grave d'après la police. Les élèves et les enseignants ont été évacués vers un établissement voisin, où les parents ont pu venir les récupérer. Une cellule d'aide psychologique a été déployée sur place. Des bilans contradictoires ont circulé en début de matinée, plusieurs responsables gouvernementaux avançant des chiffres différents avant que la police ne consolide le décompte.

Dix millions d'armes en circulation

Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, s'est exprimé depuis le siège du gouvernement. "C'est un incident terrible. Cela n'aurait jamais dû arriver", a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "C'est pour cette raison que le gouvernement n'autorise pas la possession d'armes à feu."Il a présenté ses condoléances et demandé aux services compétents de prendre en charge les victimes.

La détention d'une arme sans autorisation est passible de dix ans de prison en Thaïlande, et la législation a été durcie ces dernières années, avec notamment une évaluation médicale obligatoire pour acquérir une arme ou renouveler un permis. Le pays affiche malgré tout l'un des taux d'équipement les plus élevés de la région. La correspondante d'Al JazeeraRyn Jirenuwat évoque 10,3 millions d'armes en circulation, dont environ 40 % ne seraient pas enregistrées.

Ces tueries se répètent. En février dernier, un adolescent a ouvert le feu dans une école de Hat Yai, dans le sud du pays, tuant la directrice de l'établissement et blessant deux élèves avant d'être interpellé par la police. En octobre 2022, un ancien policier armé d'un pistolet et d'un couteau a tué 24 enfants et 12 adultes dans une garderie de la province de Nong Bua Lamphu, dans le nord-est, l'un des massacres les plus meurtriers qu'ait connus la Thaïlande.

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