Le dimanche 20 septembre 2026 à 23:49
Sept ressortissants turcs ont été mis en examen à Versailles (Yvelines) pour leur rôle présumé dans un trafic d'armes de poing Glock contrefaits, démantelé par la brigade de répression du banditisme (BRB) locale. Six d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Quarante-sept armes de poing neuves, des chargeurs de grande capacité et plus de 120 000 euros en numéraires ont été saisis lors du coup de filet mené ce mardi 15 septembre dans le nord du département.
Les sept hommes ont été déférés vendredi devant un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Versailles, a annoncé le procureur de la République Jean-David Cavaillé dans un communiqué. Ils ont été mis en examen des chefs de transports, acquisition et cession d'armes de catégories A et B, ainsi que d'association de malfaiteurs, avant d'être placés en détention provisoire suivant les réquisitions du parquet. Six d'entre eux ont été écroués dans la soirée, le septième ayant été placé sous contrôle judiciaire, selon une source proche de l'affaire.
Des armes fabriquées en Turquie, acheminées depuis l'Allemagne
L'enquête a démarré fin 2025, "sur une initiative de la brigade de répression du banditisme (BRB) du service interdépartemental de la police judiciaire de Versailles", précise le magistrat. Une information judiciaire a été ouverte en mars 2026. "Les surveillances techniques et physiques, mises en place dans le cadre d'une commission rogatoire confiée à la BRB, ont permis de mettre au jour l'existence d'un réseau d'écoulement d'armes de contrefaçon en provenance de Turquie", détaille le procureur de la République.
Les investigations ont permis de remonter la chaîne d'approvisionnement. Les pistolets seraient fabriqués en Turquie, puis acheminés depuis l'Allemagne jusqu'à Mantes-la-Jolie, où réside la majeure partie des membres de la bande. Celle-ci serait pilotée par un homme de 33 ans, logé dans le même secteur, précise Le Parisien.
Les armes étaient écoulées entre 2 500 et 3 000 euros l'unité. Certaines étaient équipées d'un switch, un dispositif qui transforme le pistolet en arme automatique. "Pour cela, il suffisait de verser un supplément de 500 euros, avec une option de chargeur à 30 cartouches", indique à nos confrères une source proche de l'affaire. Un type d'arme prisé des narcotrafiquants.
Quarante-sept pistolets neufs dans un sac à dos et deux cartons
Les sept suspects ont été interpellés au petit matin, le 15 septembre, à Mantes-la-Jolie et à Limay. Un sac à dos et deux cartons ont livré l'essentiel du butin aux fonctionnaires : quarante-sept pistolets de calibre 9 mm, encore neufs dans leur emballage d'origine. Huit chargeurs de trente cartouches et sept switches figurent également parmi les prises, de même que cent vingt mille euros en espèces et cinq véhicules, selon le communiqué du parquet. Placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Versailles, les sept hommes ont reconnu les faits.
Les mis en cause sont âgés de 25 à 35 ans. Le procureur de la République les décrit comme des hommes "d'une vingtaine à une trentaine d'années" et "sans antécédent judiciaire en France pour des faits de même nature". Aucun lien avec le grand banditisme français n'a été établi à ce stade.
Les armes proviendraient de l'organisation criminelle Daltonlar
Les pistolets proviendraient des Daltonlar, une organisation criminelle turque qui doit son surnom aux frères Dalton, les hors-la-loi de la bande dessinée "Lucky Luke". Cette structure alimente plusieurs pays européens, parmi lesquels l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne, et livre notamment la DZ Mafia et le PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, sur le territoire français. Un commando dédié aux exécutions sur commande, connu sous le nom des "Mains noires", lui est rattaché. Il proposerait ses services pour 15 000 ou 20 000 euros.
Un autre volet vise cette même organisation à Paris. Onze de ses membres présumés ont été mis en examen dans la semaine après avoir été interpellés par l'Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO), dans une procédure au cours de laquelle 150 Glock contrefaits ont été saisis, comme révélé par Actu17. Parmi les suspects écroués jeudi soir figure un homme installé à Marseille, chargé selon les éléments du dossier d'exécuter un rival d'un tir à la tête. La tentative aurait tourné court : la présence d'un tiers aux côtés de la cible aurait dissuadé les tueurs de passer à l'acte, d'après Le Parisien.
Fin août, un homme de 43 ans de nationalité turc a lui aussi été mis en examen avant d'être placé en détention provisoire. Il a été interpellé par les douaniers le 24 août, à la gare de Lyon à Paris (XIIe arrondissement), alors qu'il transportait 35 armes de poing similaires dans ses bagages. Le suspect ferait parti de la même organisation.
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