Le lundi 5 octobre 2026 à 19:21
Depuis le début des violences urbaines en marge du mouvement de protestation lycéen, 5 060 personnes ont été placées en garde à vue en France. Selon le bilan judiciaire publié ce lundi 5 octobre par le ministère de la Justice, 87 % d'entre elles sont mineures. À ce stade, 1 802 personnes font l'objet de poursuites et 14 ont été placées en détention provisoire.
Le ministère décrit "des scènes de violences urbaines d'une particulière gravité" qui se déroulent "depuis plusieurs jours" dans de nombreuses villes. Elles visent les forces de l'ordre et les personnels de l'Éducation nationale. Les dégradations d'établissements scolaires et de mobilier urbain sont nombreuses : leur remise en état est "déjà chiffrée à plusieurs millions d'euros", précise la Chancellerie.
Dans le détail, 4 406 mineurs et 654 majeurs ont été placés en garde à vue. Parmi eux, 319 majeurs sont poursuivis, "soit près d'un majeur placé en garde à vue sur deux", ainsi que 1 483 mineurs, "soit environ un mineur placé en garde à vue sur trois". Les 14 placements en détention provisoire concernent 10 majeurs et 4 mineurs.
Plus de 1 300 mesures alternatives aux poursuites
Les parquets ont par ailleurs mis en œuvre 1 376 mesures alternatives aux poursuites, dont 118 pour des majeurs et 1 258 pour des mineurs. Il s'agit d'"avertissements pénaux probatoires, mesures de réparation pénale, interdictions de paraître, travaux non rémunérés ou classements sous condition", énumère le ministère. Enfin, 790 procédures ont été classées sans suite. Le taux de classement est de 16 % pour les mineurs et de 13 % pour les majeurs.
«Une réponse pénale rapide et ferme»
"Face à ces faits inacceptables, l'autorité judiciaire est pleinement mobilisée pour apporter une réponse pénale rapide et ferme à leurs auteurs", assure la Chancellerie. Dès le début du mouvement, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a réuni les 36 procureurs généraux "afin de leur donner des instructions claires". Il leur a demandé "de faire preuve de la plus grande fermeté dans leurs réquisitions, de privilégier les procédures de jugement rapide chaque fois que cela est possible et d'engager autant que possible la responsabilité civile des parents de mineurs interpellés".
Né dans la semaine du 21 septembre en Île-de-France, le mouvement lycéen dénonce le manque de moyens et la dégradation des conditions d'études. Il s'est rapidement étendu à l'ensemble du territoire. Les blocages ont été émaillés d'affrontements, d'incendies et de dégradations. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le bilan communiqué par le ministère de l'Intérieur le 1er octobre. Une nouvelle journée de mobilisation, à laquelle s'associent les étudiants, est prévue ce mardi 6 octobre.
Dans son communiqué, Gérald Darmanin "réaffirme enfin son soutien à l'autorité judiciaire, aux forces de l'ordre, personnels de l'Éducation nationale et élus victimes de violences ou de menaces dans l'exercice de leurs fonctions". Le ministre de la Justice doit à nouveau échanger "sur la situation et les suites pénales" avec l'ensemble des procureurs généraux, qu'il réunira en visioconférence mardi à 9 heures.