Blocages des lycées : Gérald Darmanin veut faire «payer les réparations» aux parents des casseurs

Le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de requérir la responsabilité civile des parents lorsque des mineurs commettent des dégradations pendant le mouvement lycéen. Jeudi, 1 949 personnes ont été interpellées et 305 policiers et gendarmes ont été blessés en marge de la mobilisation.
Blocages des lycées : Gérald Darmanin veut faire «payer les réparations» aux parents des casseurs
Gérald Darmanin le 15 juillet 2026 à l'Assemblée nationale. (Ninotnan / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 2 octobre 2026 à 11:04

Les parents des mineurs auteurs de dégradations lors des blocages de lycées pourraient devoir mettre la main au portefeuille. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé ce vendredi sur RTL avoir demandé aux procureurs de requérir la responsabilité civile des parents, afin de leur faire "payer les réparations". Le ministre de la Justice s'exprimait au lendemain d'une réunion avec les procureurs généraux. Selon lui, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement.

Concrètement, le ministre souhaite que "les parents soient solidaires de l'exécution de leurs enfants", et donc qu'ils financent la remise en état des biens dégradés. "Ce n'est pas le mineur qui paye, ce sont les parents, aujourd'hui c'est aussi un problème de parents", a résumé Gérald Darmanin, qui assure qu'"il y a une loi désormais qui nous permet de le faire". Il juge cette réponse "bien plus utile d'ailleurs que l'enfermement", qu'il réserve aux cas les plus graves. À ce stade, une seule détention provisoire a été prononcée, à l'encontre d'un majeur, a-t-il précisé.

Le garde des Sceaux vise en particulier les dégradations commises contre les établissements scolaires, le mobilier urbain et les transports. "Les parents doivent avoir leur responsabilité de parents. Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d'établissement ?", s'est-il interrogé. "Lorsqu'on détruit des lycées, lorsqu'on s'attaque à des abribus, lorsqu'on attaque des transports, on demande la responsabilité civile des parents désormais", a insisté le ministre. Il a dit "espérer" que "les magistrats du siège confirmeront" les réquisitions des parquets.

«Une minorité agissante et violente»

Parmi les personnes placées en garde à vue depuis le début de la mobilisation, Gérald Darmanin a fait état de "90% de mineurs". Un tiers des personnes interpellées l'ont été pour des violences contre les personnes. Le ministre a dénoncé une "minorité agissante et violente (...), dont on n'est pas tout à fait certain qu'ils soient d'ailleurs des lycéens". Il a également évoqué les menaces proférées sur les réseaux sociaux contre des chefs d'établissement. Selon lui, ces faits doivent donner lieu à des présentations devant la justice.

305 policiers et gendarmes blessés jeudi

Le mouvement de blocage a débuté le jeudi 24 septembre, après des appels lancés sur les réseaux sociaux et sur des messageries chiffrées. Les lycéens et les étudiants mobilisés réclament davantage de moyens pour l'Éducation nationale. Jeudi, 1 027 établissements scolaires ont été concernés par le mouvement et 222 ont été bloqués, selon le ministère de l'Intérieur. À Nantes (Loire-Atlantique), le lycée Nelson-Mandela a été incendié.

Le bilan de cette journée est particulièrement lourd : 1 949 personnes ont été interpellées et 305 policiers et gendarmes ont été blessés. La veille, 625 interpellations avaient été recensées, ainsi que 83 policiers et gendarmes et 32 personnels de l'Éducation nationale blessés. La place Beauvau a demandé aux préfets de mobiliser les unités de forces mobiles.

«Je crains des violences urbaines»

Pour Gérald Darmanin, la contestation est passée "de manifestation de lycéens à un désordre d'ordre public". "Moi, je crains des violences urbaines", a déclaré le ministre, avant d'ajouter : "C'est possible ce week-end, c'est possible ce soir."Il redoute aussi des violences mardi, lors de la journée de mobilisation nationale. Le garde des Sceaux a toutefois dit comprendre qu'une journée de revendication soit organisée, à condition qu'elle reste dans un cadre politique et social.

Gérald Darmanin s'en est de nouveau pris à La France insoumise (LFI), qu'il accuse de vouloir récupérer le mouvement et d'attiser la violence. "M. Bompard est un pompier pyromane, comme M. Mélenchon qui hier soir a changé de ton trop tard", a-t-il lancé. Il visait le coordinateur de LFI et le candidat à l'élection présidentielle, à qui il reproche d'avoir tenu des "propos extrêmement violents". "Ceux qui allument devant une jeunesse qui peut être désemparée (...) ont une responsabilité immense", a conclu le ministre.