Le mercredi 3 juin 2026 à 20:04
Lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi après-midi au tribunal judiciaire d'Auch (Gers), la procureure de la République Clémence Meyer a révélé que le principal suspect de la disparition de Lyhanna, 11 ans, faisait l'objet de trois procédures judiciaires antérieures pour des faits impliquant des mineurs. La magistrate a également fait état d'une nouvelle plainte déposée le matin même, annoncé l'ouverture d'une mission d'inspection et indiqué que les enquêtes pour viols sur mineurs visant Jérôme B., 41 ans, mis en examen et écroué pour "enlèvement et séquestration sur mineur de moins de 15 ans", allaient vraisemblablement être regroupées.
Lyhanna a disparu vendredi 29 mai à Fleurance, après être montée dans le véhicule du suspect aux alentours de 15 heures. La collégienne n'a toujours pas été retrouvée.
Trois procédures judiciaires antérieures
La première procédure correspond à un renseignement judiciaire établi par la gendarmerie en décembre 2017. Une mère avait alerté les gendarmes après avoir découvert la relation entre sa fille, alors âgée de 17 ans, et un homme plus âgé. L'affaire a été classée sans suite en février 2018. "Au regard de l'âge [de la jeune femme], il n'y a eu aucune infraction susceptible d'être enregistrée", a déclaré Clémence Meyer.
Une deuxième procédure a été ouverte à Béthune (Pas-de-Calais) en 2022, à la suite d'une plainte pour viol concernant une mineure née en 2013. Les faits dénoncés auraient été commis courant 2020 au domicile du mis en cause, dans le Gers. Reçue au parquet d'Auch en janvier 2024, la procédure a été classée sans suite le 28 mai de la même année, faute d'éléments suffisants. "Pour condamner, il faut que tous les éléments de l'enquête soient caractérisés", a rappelé la procureure.
La troisième procédure, lancée le 22 août 2025, concerne une mineure née en 2014, qui a dénoncé des viols qui auraient été commis au domicile du suspect entre septembre 2024 et mai 2025. La plainte avait été déposée à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne). Le parquet de Toulouse, d'abord saisi, s'est dessaisi fin octobre au profit de celui d'Auch, compétent en raison du lieu des faits et du domicile du mis en cause. "La plainte a été déposée le 22 août 2025. Le 27 août, la plaignante a été entendue et a dénoncé des faits de viols qui auraient été commis sur sa personne entre septembre 2024 et mai 2025", a précisé Clémence Meyer. "Les examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025", a-t-elle ajouté. La procédure n'a toutefois été transmise à la gendarmerie territorialement compétente que le 9 janvier 2026.
Disparition de Lyhanna : "Trois procédures impliquant le mis en examen ont été identifiées", indique Clémence Meyer, procureure de la République d’Auch pic.twitter.com/O0i2tOKfMh
— LCI (@LCI) June 3, 2026
Un suspect jamais entendu
Une garde à vue du suspect avait été prescrite, mais elle était toujours en cours de planification au moment de la disparition de Lyhanna. Jérôme B. n'a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête. La procureure a rappelé que, "dans une enquête pénale, l'audition du mis en cause est toujours le dernier acte d'enquête à effectuer", et que "cette enquête était en cours au moment de la disparition".
Une nouvelle plainte et une mission d'inspection
Clémence Meyer a par ailleurs indiqué qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été portée à sa connaissance ce mercredi matin. La magistrate n'a pas souhaité donner de détails sur cette affaire, expliquant ne pas avoir encore pu en prendre connaissance dans l'entièreté de ses éléments.
La procureure a également fait savoir que des "vérifications urgentes" étaient "en cours afin de savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement judiciaire", en référence à un épisode survenu dans le passé professionnel du suspect.
Avant de conclure, la magistrate a annoncé l'ouverture d'une mission d'inspection confiée à l'inspection générale de la justice. Elle a indiqué que la plainte de 2022, classée sans suite en 2024, serait "réexaminée à la lumière des nouveaux éléments". "Les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre, et vraisemblablement faire l'objet d'un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres", a-t-elle conclu.