Le vendredi 5 juin 2026 à 16:47
Un masseur-kinésithérapeute de 43 ans, qui exerçait à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur huit patientes, a indiqué ce vendredi le procureur de la République de Nancy. Une information judiciaire a été ouverte des chefs de viols et agressions sexuelles "par personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions", au mois de mai. Le suspect, qui a contesté les faits, est aujourd'hui placé sous contrôle judiciaire et a été radié à vie de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
L'affaire a débuté par un signalement adressé au parquet le 23 décembre par l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, faisant état de "plusieurs plaintes de patientes", a précisé le procureur François Capin-Dulhoste. Huit femmes ont déposé plainte dans le cadre de cette enquête. Selon L'Est Républicain, qui a révélé l'affaire, tout est parti de la démarche d'une jeune patiente : mal à l'aise à la sortie d'une séance, elle a consulté les avis laissés en ligne par d'autres patientes et constaté que son ressenti rejoignait le leur. Les victimes présumées se sont regroupées au sein d'un groupe Facebook avant de saisir l'Ordre, qui a transmis un signalement au parquet. L'enquête a été confiée, en janvier, aux officiers de police judiciaire de Pont-à-Mousson spécialisés dans les atteintes aux personnes.
Un mode opératoire répétitif
D'après le quotidien régional, les victimes présumées sont toutes des femmes, souvent tout juste majeures. Le praticien fixait ses rendez-vous entre midi et deux ou en toute fin d'après-midi, des créneaux durant lesquels les patientes se retrouvaient seules dans son cabinet. À chaque fois, il leur demandait de se déshabiller, y compris lorsqu'elles consultaient pour une blessure à un membre, comme un doigt ou un genou, qui ne le nécessitait pas. Il leur prodiguait alors ce qu'il a qualifié, lors de ses auditions, de "massages".
Toujours selon L'Est Républicain, il aurait caressé ses patientes au niveau des parties intimes et procédé à des pénétrations digitales. Il est mis en cause pour quatre viols et quatre agressions sexuelles.
Une information judiciaire toujours en cours
Interpellé à son domicile le 5 mai, le quadragénaire a été placé en garde à vue au commissariat de la place Saint-Antoine de Pont-à-Mousson, selon le quotidien régional. Entendu à deux reprises, il a contesté les faits. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire le 7 mai. Il est depuis sorti de prison et a été placé sous contrôle judiciaire, sur décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nancy, dans l'attente de son procès. L'information judiciaire se poursuit afin de rechercher d'éventuelles autres victimes.
Le procureur de la République a rappelé que "son casier judiciaire ne porte trace d'aucune condamnation" et qu'"il est présumé innocent". Le mis en cause n'exerce toutefois plus son métier : le conseil de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes l'a "suspendu puis radié selon une procédure d'urgence", a précisé François Capin-Dulhoste.