Le vendredi 17 juillet 2026 à 12:59
Des ossements, dont deux fémurs, ont été découverts ce jeudi 16 juillet sur un terrain agricole du Tarn, à l'endroit que Cédric Jubillar a désigné comme le lieu où il a dissimulé le corps de son épouse Delphine Aussaguel. Extrait de sa cellule à l'aube, le peintre-plaquiste, qui a reconnu la veille être à l'origine de la mort de l'infirmière, a guidé les enquêteurs sur place. Les restes doivent désormais être analysés pour établir s'il s'agit bien de la mère de famille, disparue en décembre 2020.
Le procureur général près la cour d'appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a confirmé la découverte. "Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l'endroit où il avait déposé le corps de Mme (Delphine) Aussaguel", a-t-il déclaré, évoquant un terrain situé à une douzaine de kilomètres d'Albi. Selon Le Parisien, les premiers ossements ont été découverts à quelques centimètres seulement sous la terre sèche, sur une parcelle à la limite des communes de Villeneuve-sur-Vère et Mailhoc.
Une centaine de gendarmes mobilisés
Une centaine de gendarmes étaient déployés sur le site, appuyés par des équipes cynophiles formées à la détection de restes humains. Les lieux s'étant transformés en cinq ans et demi, Cédric Jubillar a d'abord eu du mal à situer précisément l'emplacement, avant que les militaires ne dégagent en peu de temps un premier ossement, puis un second. Les fouilles se sont poursuivies dans l'après-midi, a indiqué le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn, et ont repris ce vendredi matin à Mailhoc.
Ces recherches ont fait suite à l'audition du 15 juillet, au cours de laquelle Cédric Jubillar a été auditionné à huis clos par une magistrate de Toulouse, ses avocats Pierre et Guy Debuisson à ses côtés. Il a reconnu "un acte abominable" et "a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue" pendant une heure et demie, a rapporté Me Pierre Debuisson à l'Agence France-Presse. Selon les explications qu'il a livrées, rapportées par La Dépêche, il aurait enfoui le corps de son épouse sans le moindre outil, sous un tas de terreau agricole culminant à plus de trois mètres, une terre alors suffisamment meuble pour être écartée à la main. Il réfute toute préméditation, expliquant n'avoir songé à cet endroit qu'au tout dernier moment. Il le connaissait, dit-il, pour être intervenu sur un chantier voisin quelque temps plus tôt. D'après La Dépêche, le terreau a ensuite été dispersé sur le champ par l'agriculteur, ce qui expliquerait l'éparpillement des ossements sur la parcelle.
Un lieu hors du périmètre des recherches
Le terrain se situait au-delà du rayon d'une dizaine de kilomètres autour de Cagnac-les-Mines sur lequel les enquêteurs avaient concentré leurs moyens, privilégiant l'hypothèse d'un trajet court cette nuit-là. D'après Le Parisien, plusieurs confidences passées auraient pourtant pu orienter les recherches : un ancien codétenu, Marco, avait rapporté les craintes de Cédric Jubillar de voir le corps affleurer sous l'effet de l'érosion, tandis que son ex-compagne, Jennifer, avait indiqué à l'été 2025 qu'il lui avait confié avoir caché le corps "à quinze kilomètres ou à quinze minutes de voiture" de chez lui. Ces éléments avaient alors été jugés trop imprécis. Selon La Dépêche, des fouilles avaient par ailleurs été menées dans le secteur dans les semaines suivant la disparition, après le témoignage d'un chasseur affirmant avoir vu un homme creuser des trous en pleine nuit : les trous avaient été retrouvés, mais pas la dépouille. Le maire de Mailhoc, Jean-Marc Escoutes, a de son côté affirmé à franceinfo que l'endroit n'avait "jamais été fouillé".
"Ce qui me surprend, moi, c'est le lieu où elle a été déposée", a confié l'édile, qui décrit un terrain en friche, en lisière d'une petite forêt, sur un plateau calcaire où "il y a dix centimètres de terre et puis dessous, il y a des rochers". Le passage à l'acte, lui, avait été annoncé. Quelques semaines avant la disparition, Cédric Jubillar avait menacé son épouse de mort devant sa mère : "Delphine m'énerve, je vais la tuer, je vais l'enterrer, je connais un endroit où on ne la retrouvera jamais !"
«Un soulagement douloureux» pour les proches
Les ossements doivent être acheminés vers le laboratoire de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise (Val-d'Oise), pour y être analysés et déterminer s'il s'agit bien des restes de Delphine Aussaguel. L'infirmière de 33 ans a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, pendant le couvre-feu lié à l'épidémie de Covid-19, alors que le couple était en instance de divorce.
Cédric Jubillar a été condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Tarn, à Albi, au terme d'une affaire alors sans corps ni aveux. Son procès en appel, prévu le 21 septembre à Toulouse, pourrait être repoussé de plusieurs mois, le temps de mener les analyses médico-légales, de nouvelles expertises et une probable reconstitution.