Le jeudi 16 juillet 2026 à 11:49 - MAJ jeudi 16 juillet 2026 à 12:12
Des ossements ont été retrouvés ce jeudi 16 juillet au matin à une quinzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines (Tarn), sur un lieu indiqué par Cédric Jubillar lors de son interrogatoire, selon des sources proches du dossier, confirmant une information de BFMTV. Les gendarmes se sont rendus sur place. À ce stade, il n'a pas été établi que ces ossements sont ceux de Delphine Aussaguel, l'infirmière disparue en décembre 2020, dont le mari a reconnu la veille être à l'origine de la mort.
Ces recherches ont été engagées après la reconnaissance des faits par le mari de la victime. Dans un communiqué diffusé plus tôt ce jeudi, le parquet général de Toulouse (Haute-Garonne) a confirmé que Cédric Jubillar a reconnu être à l'origine de la mort de son épouse lors d'une audition menée par la justice.
Le procureur général près la cour d'appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, est revenu sur le déroulé de la procédure. "Le 15 juillet 2026, la présidente de la cour d'assises de la Haute Garonne a procédé à l'extraction et à l'audition, dans les locaux de la cour d'appel de Toulouse, de Cédric Jubillar sur le fondement de l'article 283 du code de procédure pénale qui permet au président de la cour d'assises de procéder à tout nouvel acte d'investigations utile dans une affaire pendante devant cette juridiction", a-t-il indiqué.
«Il faut que je vous dise la vérité. C'est moi»
Cette audition est intervenue après les prises de parole de la défense. "Cette audition faisait suite à la conférence de presse tenue par les avocats de Cédric Jubillar, le 06 juillet 2026, et à un courrier adressé à la cour d'assises par ces derniers, le 07 juillet 2026, faisant état de la reconnaissance par leur client de son implication dans la mort de Delphine Aussaguel", a précisé le parquet général.
C'est à cette occasion que le peintre-plaquiste, qui avait toujours nié les faits depuis le début de l'affaire, a franchi un cap. "Lors de cet interrogatoire, Cédric Jubillar a reconnu être à l'origine de la mort de Delphine Aussaguel et indiqué pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps", a poursuivi Nicolas Jacquet.
Ce revirement avait été annoncé quelques jours plus tôt par ses nouveaux avocats, Pierre et Guy Debuisson, lors d'une conférence de presse le 6 juillet. "Il y a quelques semaines, il m'a dit : 'Maître, il faut que je vous dise la vérité. C'est moi'", a rapporté Me Pierre Debuisson. Son père, Me Guy Debuisson, a tenu à préciser qu'il ne fallait pas, selon lui, parler de "meurtre", son client "reconnaît être à l'origine de la mort de son épouse".
La thèse du «crime passionnel»
Devant la presse, les deux conseils ont livré leur version des faits, évoquant une "énième dispute conjugale" qui aurait "mal tourné". Tétanisé après avoir réalisé son geste, Cédric Jubillar aurait ensuite déplacé le corps de son épouse avec sa voiture, pour épargner à ses enfants la vision de leur mère décédée. Les avocats ont plaidé un "crime passionnel" et décrit un homme animé de "regrets profonds et sincères", qui "regrette son geste par-dessus tout".
Au lendemain de l'audition, la justice a engagé les opérations de recherche. "Le 16 juillet 2026, un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Toulouse désigné par la présidente de la cour d'assises faisait extraire Cédric Jubillar pour se transporter dans le département du Tarn aux fins de rechercher le corps de Delphine Aussaguel", a détaillé le parquet général. C'est au cours de ces opérations que les ossements ont été mis au jour ce jeudi matin.
Une défense contestée par les parties adverses
Ces déclarations ont suscité de vives réactions des parties adverses. Me Mourad Battikh, avocat de plusieurs membres de la famille de la victime, a estimé que la thèse du "crime passionnel" "confine à l'indécence" et l'a jugée "cousue de fil blanc".