Cédric Jubillar passe aux aveux : ce que l'on sait de son revirement à deux mois du procès en appel

Placé en détention depuis plus de cinq ans et toujours condamné pour le meurtre de son épouse, le peintre-plaquiste a fait volte-face à deux mois de son procès en appel. Ses nouveaux avocats affirment détenir des aveux écrits de sa main.
Cédric Jubillar passe aux aveux : ce que l'on sait de son revirement à deux mois du procès en appel
Cédric Jubillar au tribunal d'Albi, le 13 octobre 2025. (Remy Gabalda / Maxppp)
Par Actu17
Le lundi 6 juillet 2026 à 10:24

Cédric Jubillar a reconnu sa responsabilité dans la mort de son épouse, Delphine Jubillar, dans une lettre manuscrite remise à l'un de ses avocats, cinq ans après la disparition de l'infirmière et à deux mois de son procès en appel. Le peintre-plaquiste de 38 ans, condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle, avait jusqu'ici toujours clamé son innocence.

C'est dans un écrit détaillé, transmis ces dernières semaines à Me Pierre Debuisson, que Cédric Jubillar est passé aux aveux. "Il m'a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité", a déclaré l'avocat toulousain à La Dépêche, qui a révélé l'information. Sollicité par l'AFP, Me Pierre Debuisson a confirmé "des aveux" et "son souhait de reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine". Le conseil doit tenir une conférence de presse ce lundi à 13 heures. Le détenu a par ailleurs complété son récit à l'oral, lors de visites au parloir, auprès de Guy Debuisson.

Un basculement après un changement de défense

Ces aveux interviennent après un changement de défense. En début d'année 2026, Cédric Jubillar a mis fin à la collaboration avec ses précédents avocats, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, pour saisir Mes Pierre et Guy Debuisson. Une relation de confiance s'est nouée depuis janvier 2026, alors que le mis en cause est placé à l'isolement à la prison de Toulouse-Seysses (Haute-Garonne) depuis le 18 juin 2021. "J'ai senti un homme affaibli, mais qui avait besoin de parler", a expliqué Me Pierre Debuisson à La Dépêche du Midi, ajoutant que son client "veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants".

Dans sa lettre, Cédric Jubillar est revenu sur la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn), sur fond de crise conjugale. Selon La Dépêche, il se dit prêt à livrer les éléments utiles à la localisation du corps de son épouse, qui n'a jamais été retrouvé. Sa défense a toutefois posé une limite : "Pour l'heure, Cédric Jubillar réserve les détails des circonstances de la disparition de son épouse à la justice et se met entièrement à sa disposition pour livrer toutes les précisions nécessaires."

Les parties civiles réclament «les circonstances exactes des faits»

Du côté des parties civiles, l'un des avocats, Me Mourad Battikh, a réagi à ces aveux. Il a estimé qu'il ne s'agissait "pas d'un jour de victoire", mais "d'un jour de vérité", regrettant que celle-ci intervienne "avec plus de cinq années de retard". Selon lui, ces aveux ne mettent "pas fin à la souffrance", mais peuvent mettre un terme "à une partie de l'incertitude".

"Nous attendons désormais que cette démarche aille jusqu'à son terme. La justice a besoin d'une vérité complète : les circonstances exactes des faits, le lieu où repose Delphine, et toutes les explications que sa famille est en droit d'obtenir", a insisté l'avocat auprès de RTL. Adressant ses pensées à la famille de la victime, il a estimé qu'elle méritait "une vérité entière, sans réserve, et une justice pleinement accomplie".

Condamné à trente ans en première instance

Le 17 octobre 2025, la cour d'assises du Tarn avait reconnu Cédric Jubillar coupable du meurtre de son épouse, une infirmière de 33 ans, et l'avait condamné à trente ans de réclusion criminelle. Elle avait jugé le meurtre "caractérisé" en s'appuyant sur un faisceau d'éléments : les témoignages recueillis, le profil de l'accusé jugé "compatible" avec un tel geste, et le fait qu'il n'avait pas accepté que sa femme le quitte pour un autre homme.

Le procès en appel doit s'ouvrir devant la cour d'assises d'appel de la Haute-Garonne, à Toulouse, le 21 septembre, pour une durée de quatre semaines. Ces aveux pourraient toutefois conduire la présidente, Marie Leclair, à ouvrir un supplément d'information, avec l'audition du détenu, la consignation de ses déclarations dans un procès-verbal et d'éventuelles recherches pour retrouver la dépouille de Delphine Jubillar.