Incendie de Fontainebleau : comment les deux jeunes suspects ont été interpellés

Les deux hommes, âgés de 18 et 20 ans, sont originaires de Seine-et-Marne. L'un d'eux a été repéré grâce au signalement d'un témoin, l'autre a attiré l'attention par son comportement. Leurs gardes à vue se poursuivaient ce mardi.
Incendie de Fontainebleau : comment les deux jeunes suspects ont été interpellés
Le vaste incendie de la forêt de Fontainebleau a touché des habitations. (Clément Lanot / CLPress)
Par Actu17
Le mardi 14 juillet 2026 à 14:46

Deux hommes de 18 et 20 ans ont été interpellés ce lundi 13 juillet et placés en garde à vue, soupçonnés d'être à l'origine des incendies qui ravagent la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) depuis dimanche. Les investigations ont été confiées à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Paris. Les flammes ont parcouru plus de 2 000 hectares et près d'un millier de personnes ont été évacuées.

C'est le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a révélé ces interpellations lundi soir, au journal de 20 heures de France 2. Les enquêteurs privilégient la piste d'une origine volontaire : une dizaine de points de départ de feu ont été relevés dans un périmètre de 1 000 mètres.

Un suspect identifié grâce à un témoin

Le premier suspect a été repéré après un appel reçu lundi matin par les services de police de Seine-et-Marne. Un appelant disait avoir aperçu quelqu'un en train de mettre le feu dans le secteur situé entre Fontainebleau et Bois-le-Roi, dimanche entre 16 heures et 18 heures, indique une source proche de l'affaire, confirmant une information de RTL. La description transmise a permis d'interpeller un homme né en 2005, âgé de 20 ans, lundi soir. Il a été remis aux militaires de la SR de Paris, chargés de l'enquête.

Le second suspect, né en 2007 et âgé de 18 ans, a lui été appréhendé après avoir attiré l'attention par son comportement. Au moment de son interpellation, ses mains étaient recouvertes de suie et il détenait un briquet, a indiqué une source proche du dossier à l'Agence France-Presse. Il n'est pas connu des services de police. Il est soupçonné d'être à l'origine du deuxième foyer, allumé lundi aux alentours de 15 heures à proximité de Fontainebleau, selon RMC. Les deux hommes sont originaires de Seine-et-Marne.

Aucune communication du parquet n'a été diffusée à ce stade. Les gardes à vue étaient toujours en cours ce mardi. Les circonstances exactes des départs de feu restent à établir par les enquêteurs, et ces interpellations ne préjugent pas des responsabilités des personnes concernées.

Deux foyers toujours actifs

Sur le terrain, les secours faisaient face mardi à deux brasiers distincts. Le foyer initial est parti dimanche en fin de journée, aux abords de l'autoroute A6, dont une portion a dû être coupée à la circulation. Un second départ de feu s'est déclaré le lendemain du côté de la Faisanderie. Mardi à la mi-journée, le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, a évalué à environ 2 050 hectares la surface parcourue par les flammes, dont 1 600 hectares pour le brasier principal et 450 pour le second.

Quelque 850 sapeurs-pompiers sont mobilisés, épaulés par quatre Canadair — une première en Île-de-France —, deux Dash, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux bulldozers de l'armée, déployés pour ouvrir des pistes dans un relief particulièrement escarpé. Les soldats du feu espèrent fixer l'incendie dans la journée. "Avec l'aide des Canadair, notamment, ça devrait être un objectif qu'on espère tenable", a déclaré le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Seine-et-Marne. Les conditions météorologiques demeurent défavorables : "On s'attend, même si on aura un vent moindre par rapport à hier, à avoir des températures qui vont rester identiques", a-t-il ajouté.

Un massif particulièrement exposé

Ce massif de quelque 25 000 hectares, fréquenté par environ 15 millions de promeneurs chaque année, offre un terrain propice au feu : un sol sablonneux et un couvert végétal où dominent fougères et conifères. Selon l'Agence France-Presse, l'ampleur du sinistre le place dans le trio de tête des feux qu'a connus la moitié nord du pays depuis deux décennies.

À l'échelle nationale, les forces de l'ordre ont procédé à 59 interpellations sur le territoire depuis janvier, pour "des mises à feu volontaires ou accidentelles", dont près de la moitié concernent des mineurs, selon Laurent Nuñez. Sept de ces personnes ont depuis été placées en détention provisoire. Au total, quelque 32 000 hectares sont partis en fumée à travers le pays depuis le 1er janvier, un total qui dépasse déjà celui de toute la saison 2025.