Le lundi 13 juillet 2026 à 11:25
Un incendie d'une ampleur "exceptionnelle" ravage depuis dimanche 12 juillet en fin d'après-midi la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Les flammes ont parcouru 800 hectares, près de 900 personnes ont été évacuées et aucun blessé n'a été recensé. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui s'est rendu sur place lundi matin, a évoqué une possible origine volontaire du sinistre : une dizaine de points de départ de feu ont été relevés dans un périmètre de 1 000 mètres. Une enquête a été confiée à la gendarmerie nationale.
Le feu s'est déclaré dimanche en fin d'après-midi en bordure de l'autoroute A6, sur la commune de Noisy-sur-École, avant de se propager rapidement à l'ouest du massif forestier. La canicule qui étouffe la région parisienne depuis plusieurs jours et la sécheresse des sols ont favorisé la progression des flammes. Dès le milieu de la nuit, 800 hectares avaient été parcourus, selon le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Seine-et-Marne. Le sinistre nécessite des moyens inédits en Île-de-France, a souligné lors d'un point-presse le sous-préfet de la zone, Yannis Bouzar. "Un peu moins de 5 % de l'ensemble du massif, ce qui est très important. C'est totalement exceptionnel et inédit", a relevé Laurent Nuñez lundi matin.
Feu dans la forêt de Fontainebleau en cours bon courage aux sapeurs pompiers du 77 et d’île de France @Sdis77 @sdis91 pic.twitter.com/6qIGfrBLtW
— Romaric Philogène (@rophilogene) July 12, 2026
Une origine volontaire suspectée
Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs indiqué que l'incendie "a démarré en plusieurs points". "Dont deux points de part et d'autre de l'autoroute A6 et une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1 000 mètres, ce qui laisse supposer que cela pourrait être d'origine volontaire", a-t-il détaillé sur BFMTV. "Je n'en dis pas plus, une enquête est en cours", a-t-il ajouté. Les investigations ont été confiées à la gendarmerie nationale.
Le code pénal punit de 15 ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d'amende l'incendie volontaire de bois ou de forêts d'autrui, lorsqu'il est intervenu dans des conditions de nature à exposer des personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement.
#Incendies | 400 sapeurs-pompiers ont été à pied d'œuvre cette nuit pour lutter contre le feu dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) qui, depuis son déclenchement en bord d'autoroute hier après-midi, a déjà parcouru + de 800 hectares en milieu de nuit.
La lutte continue… pic.twitter.com/kwdnyS9IYw— Pompiers de France (@PompiersFR) July 13, 2026
Des Canadair mobilisés pour la première fois en région parisienne
Pour combattre ce feu décrit comme "très virulent" par les secours, des moyens jamais engagés en région parisienne ont été déployés. Deux avions bombardiers d'eau Canadair, qui ont commencé à écoper dans la Seine, sont intervenus lundi matin, appuyés par des Dash, des hélicoptères bombardiers d'eau et un avion chargé de l'observation du terrain. Deux Dash avaient déjà largué du produit retardant dimanche, avant d'interrompre leurs rotations à la tombée du jour. "L'usage de bombardiers d'eau en forêt de Fontainebleau, c'est la première fois que cela arrive", a expliqué le commandant Paul-Édouard Laurain, porte-parole du SDIS 77, à franceinfo.
Feu de #Fontainebleau : les Canadairs écopent sur la Seine pour larguer de l’eau au plus proche des flammes. pic.twitter.com/pQT97a3v2a
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) July 13, 2026
Quelque 400 sapeurs-pompiers ont lutté contre les flammes durant la nuit, sans parvenir à fixer le feu. Ils étaient 500 lundi matin, mobilisés en Seine-et-Marne et dans d'autres départements d'Île-de-France, et doivent recevoir des renforts de toute la France. Les secours s'attendent à être engagés durant "une ou deux semaines". "L'objectif aujourd'hui est de fixer l'incendie", a assuré Laurent Nuñez, qui a dit avoir "bon espoir de pouvoir fixer le feu dans la journée".
Environ 900 personnes évacuées
Les évacuations ont concerné les habitations situées en lisière de forêt. Une quinzaine de maisons ont été évacuées dès dimanche soir au Vaudoué, tandis que d'autres étaient défendues par les sapeurs-pompiers à Achères-la-Forêt. Selon le SDIS, environ 200 personnes avaient été mises en sécurité lundi matin dans ces deux communes. "On n'a pas tout à fait le chiffre précis, mais je situe ça de l'ordre de 900 personnes (…) Il s'agissait d'habitations qui étaient plutôt en lisière de forêt", a précisé de son côté le ministre de l'Intérieur. "Mais les communes dans leur ensemble ont été protégées par les sapeurs-pompiers."Aucune habitation n'a été touchée par les flammes et aucun blessé n'a été recensé. "Sans les avions, les villages de Noisy-sur-École et du Vaudoué auraient été évacués, ça c'est une certitude", a déclaré le colonel Olivier Compta, qui dirige les opérations de secours.
Dimanche soir, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 kilomètres de distance, selon des témoignages. Les secours ont appelé les riverains à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées. Les sapeurs-pompiers ont reçu le renfort d'agriculteurs, qui ont arrimé des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.
L'A6 coupée, la LGV Sud-Est endommagée
L'incendie a fortement perturbé les transports. La circulation a été interrompue dimanche sur une portion de l'autoroute A6, principal axe vers le sud-est de la France, qui traverse le massif. Des câbles endommagés sur la ligne à grande vitesse Sud-Est ont provoqué des retards de plusieurs heures sur les TGV au départ et à l'arrivée de la gare de Lyon, à Paris. Les réparations ont été achevées et la circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" lundi matin, a indiqué SNCF Réseau à l'Agence France-Presse. Plus à l'est, un feu de chaume avait également coupé l'autoroute A5, aux environs du Châtelet-en-Brie et des Écrennes.
Ce sinistre s'inscrit dans une saison des feux hors norme, marquée par une troisième vague de chaleur. Des incendies se sont déclarés ces derniers jours dans les Pyrénées-Orientales, la Drôme, le Lot, la Savoie, mais aussi dans l'Indre et en Loire-Atlantique. "Au moment où on se parle, on a eu 32 000 hectares parcourus puis brûlés par le feu. C'est plus déjà que la saison 2025 alors que nous ne sommes que le 13 juillet", a relevé Laurent Nuñez. Quarante-quatre interpellations ont été réalisées depuis plusieurs jours sur l'ensemble du territoire en lien avec des départs de feu, et 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été, selon le ministre.