Le mardi 14 juillet 2026 à 16:50
Un pompier volontaire de Fontainebleau (Seine-et-Marne) a reconnu avoir mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence à Arbonne-la-Forêt, lundi 13 juillet. Né en 2007 et sans antécédent judiciaire, il fait partie des trois personnes placées en garde à vue le jour même par les gendarmes, dans l'enquête sur les incendies qui ravagent la forêt de Fontainebleau et ses alentours. Deux d'entre elles ont reconnu leur implication dans deux départs de feu distincts, a annoncé ce mardi la procureure de la République de Fontainebleau, Diane Ngomsik.
Le parquet s'est déplacé sur les lieux et a ouvert une enquête en flagrance pour "destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation pouvant causer un dommage aux personnes", pour des faits commis les 12 et 13 juillet. Les investigations ont été confiées à la section de recherches (SR) de Paris, en co-saisine avec la brigade de recherches (BR). Des techniciens en identification criminelle (TIC) et des experts de la gendarmerie spécialisés dans la recherche des causes et des circonstances des incendies (RCCI) sont également engagés.
Un pompier volontaire passe aux aveux
Lundi après-midi, de nouveaux départs de feu ont été constatés à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau. "Divers signalements ont conduit à des interpellations à proximité de lieux de départs ou de reprises de feu, et au placement en garde à vue le jour même de trois personnes par les enquêteurs de la gendarmerie", précise le communiqué de la procureure.
Le premier mis en cause a reconnu, "après avoir été confronté aux premiers éléments probants résultant de l'enquête, avoir à Arbonne la forêt (77), mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence". "Il s'agit d'un homme né en 2007, pompier volontaire à Fontainebleau, sans antécédent judiciaire", indique la magistrate.
Le second a reconnu, "dans les mêmes circonstances, avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette au niveau du grand parquet à côté de la faisanderie à Fontainebleau". Cet homme est lui aussi né en 2007 et n'a pas d'antécédent judiciaire. "Aucun lien entre ces deux mis en cause n'a été établi", souligne le parquet. Leurs gardes à vue ont été prolongées.
Le troisième homme interpellé lundi par les militaires est né en 1975. Il est "inconnu de la justice", sans autre précision à ce stade.
Une quatrième garde à vue au commissariat
Une autre garde à vue, distincte de ces trois-là, est en cours au commissariat de Fontainebleau. Elle concerne également le départ de feu situé à côté de la faisanderie : il s'agit d'un homme né en 2005, "déjà connu de la justice pour des faits routiers". Deux personnes sont donc entendues au sujet de ce même départ de feu.
Feu dans la forêt de #Fontainebleau : de nombreux points de reprises sont signalés cet après-midi.
Intervention immédiate des pompiers sur place à chaque fois. pic.twitter.com/delyZ4Un0n
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) July 14, 2026
La piste de travaux près de l'autoroute A6
Le foyer principal, lui, s'est déclaré dimanche 12 juillet en bordure de l'autoroute A6, avant de se propager rapidement dans le massif. Sur ce départ de feu, la piste accidentelle est étudiée : "L'hypothèse d'un départ de feu susceptible d'être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l'autoroute A6, fait l'objet de vérifications approfondies", écrit la procureure. Plusieurs témoins ont été auditionnés et deux personnes ont été placées en garde à vue mardi matin dans ce cadre.
D'autres sites potentiels de départs de feu ont été signalés en différents points du secteur, notamment par les services d'incendie et de secours et le centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie. Le parquet a estimé "qu'au regard notamment de la multiplicité des départs de feu, toutes les hypothèses, tant accidentelle que volontaire, devaient être explorées". L'incendie étant toujours en cours et la zone n'étant pas sécurisée, seules des constatations et des prélèvements sur l'autoroute A6 ont pu être réalisés dans un premier temps. Des relevés ont depuis été effectués sur le site d'Arbonne-la-Forêt, et d'autres suivront sur les zones concernées dès qu'elles seront accessibles.
Plus de 2 000 hectares parcourus
Sur le terrain, la lutte se poursuivait mardi. Les flammes ont parcouru environ 2 050 hectares, dont 1 600 pour le brasier principal et 450 pour le second, selon le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory. Aucun des deux foyers n'était fixé à la mi-journée. Près d'un millier de personnes ont été évacuées depuis dimanche. Quelque 850 sapeurs-pompiers sont mobilisés, épaulés par quatre Canadair — une première en Île-de-France —, deux Dash, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux bulldozers de l'armée, déployés pour ouvrir des pistes dans un relief particulièrement escarpé. Selon l'Agence France-Presse, il s'agit de l'un des trois plus importants incendies enregistrés dans la moitié nord de la France depuis vingt ans.
Lundi soir, sur France 2, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé l'interpellation de deux personnes et évoqué une possible "origine volontaire", une dizaine de points de départ de feu ayant été relevés dans un périmètre de 1 000 mètres. Le communiqué du parquet, publié ce mardi, fait état d'un décompte différent et n'écarte aucune hypothèse.
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