Le jeudi 18 juin 2026 à 00:06
Aziz Loussaief a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle ce mercredi par la cour d'assises du Nord. Ce ressortissant tunisien de 26 ans a été reconnu coupable du viol avec tortures ou actes de barbarie commis sur une cliente d'un hôtel de Roubaix (Nord), en juillet 2022 alors qu'il était visé par deux OQTF, ainsi que d'une tentative de viol commise à Toulon (Var) en 2020. Sa peine est assortie d'une interdiction définitive du territoire français.
Réunie à Douai, la cour a suivi en partie les réquisitions de l'avocate générale, qui a réclamé 30 ans de réclusion criminelle. "Pendant 1h44, la victime va se voir mourir", a insisté la représentante du parquet, rapporte La Voix du Nord. Le condamné dispose de dix jours pour faire appel.
Introduit dans la chambre grâce aux codes d'accès
Les faits se sont produits dans la nuit du 22 juillet 2022. Aziz Loussaief, ouvrier chargé de remplacer la moquette de l'établissement, disposait des codes d'accès aux chambres. À 00h55, il a pénétré une première fois dans la chambre 319, sous prétexte d'une erreur. La cliente, une cadre de 37 ans venue en France pour raison professionnelle, a signalé cette intrusion à l'agent de sécurité de l'hôtel. L'ouvrier est ensuite reparti dans sa chambre chercher un cutter, avant de revenir frapper à la porte de sa victime en se présentant comme le vigile de l'hôtel, explique le quotidien régional.
Durant 1h44, la victime a été rouée de coups, violée à de multiples reprises et lacérée au cutter. Aziz Loussaief avait aussi menacé de la tuer et de se débarrasser de sa dépouille dans un sac. Les forces de l'ordre l'ont retrouvée le corps dénudé et couvert de sang dans la chambre. Elle s'est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de trois semaines et conserve des séquelles ainsi que des cicatrices. Pour son avocate, Me Blandine Lejeune, il s'agit d'un acte prémédité. "Elle ne peut plus passer une minute seule !", a-t-elle souligné.
En situation irrégulière et sous le coup de deux obligations de quitter le territoire français (OQTF) au moment des faits, Aziz Loussaief avait d'abord soutenu que les rapports étaient consentis et qu'une bagarre s'en était suivie, avant de reconnaître les faits à l'audience. "C'est vrai, j'avais bu", a-t-il déclaré. Un expert l'a décrit comme un homme au profil inquiétant, peu enclin à l'empathie et susceptible de récidiver, selon La Voix du Nord. Il a par ailleurs reconnu une forte dépendance à l'alcool.
Confondu par son ADN dans une affaire à Toulon
Aziz Loussaief était également jugé pour une tentative de viol commise en 2020 à Toulon, sur une ressortissante russe, des faits qu'il a continué de nier. Son profil génétique, relevé lors de l'enquête de Roubaix, a conduit les enquêteurs jusqu'à ce dossier.
"Je demande pardon à la victime", a déclaré l'accusé avant l'énoncé du verdict. L'avocate de la victime a par ailleurs annoncé une procédure au civil contre l'établissement hôtelier.