Macron souhaite «doubler les policiers sur le terrain d’ici à 2030» et créer une Force d’action républicaine

Emmanuel Macron à Bruxelles, le 17 décembre 2021. (Stéphanie Lecocq/Pool/EFE/Newscom/Maxppp)

Le président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé à Nice (Alpes-Maritimes) ce lundi matin sur le thème de la sécurité. Il a notamment annoncé qu’il souhaitait « doubler le nombre de policiers sur le terrain d’ici à 2030 ».

Le chef de l’État Emmanuel Macron a présenté ses vœux à la police et à la gendarmerie ce lundi matin à Nice, à l’ex-hôpital Saint-Roch, site d’un futur « hôtel de police » où se trouveront les polices nationale et municipale. Il en a profité pour évoquer ses orientations en matière de sécurité, affirmant que « sur le territoire, nous avons créé, formé, déployé 10 000 postes » de policiers et de gendarmes, depuis son élection en 2017. Le président de la République a annoncé un projet de loi portant sur 15 milliards d’euros sur cinq ans, qui sera présenté en mars prochain aux députés.

Emmanuel Macron, qui n’est pas encore candidat à sa propre succession, a également annoncé son « objectif de doubler la présence sur le terrain à horizon 2030 », des policiers et gendarmes, grâce notamment à la suppression de tâches annexes et des réorganisations. Une annonce qui avait déjà été faite en septembre dernier à Roubaix (Nord), lors de la présentation des conclusions du Beauvau de la Sécurité.

« On met de l’argent, on investit, on forme plus. Mais on organise mieux aussi, c’est ce qu’on doit à nos compatriotes, pour avoir plus de monde présent sur le terrain », a ajouté Emmanuel Macron . « Il n’y aura plus, a-t-il dit, à compter de 2023 un seul de ces personnels actifs dans les fonctions de contrôle administratif à nos frontières ou de gestion des centres de rétention administrative (CRA) », a assuré le président. En outre, les policiers qui sont chargés de contrôler les passeports dans les aéroports de Roissy et Orly seront remplacés par des personnels administratifs. Au total, cela devrait permettre de dégager « 3500 policiers et gendarmes » pour les mettre sur la voie publique.

Il a également annoncé la création de 200 brigades de gendarmerie en milieu rural afin de « remettre de la tranquillité dans les quartiers les plus ruraux ».

Selon le chef de l’État, « le chemin est long » avant un « retour à la vie tranquille » : « Je veux vous dire ma détermination pour œuvrer à cette vie tranquille à laquelle nos compatriotes ont droit, nous n’y sommes pas, le chemin est long mais notre devoir et notre vocation, c’est de continuer à améliorer inlassablement les choses ».

« Des forces de sécurité dédiées qui vont venir sécuriser le quartier »

Par ailleurs, Emmanuel Macron souhaite créer une Force d’action républicaine, capable d’intervenir en cas d’urgence, dans les quartiers difficiles. « C’est une force d’action qui dans les quartiers qui connaissent des difficultés, va nous permettre de projeter pendant un temps donné, plusieurs mois, des forces de sécurité dédiées qui vont venir sécuriser le quartier », a détaillé le président de la République. Une force qui sera composée de policiers, de fonctionnaires des finances ainsi que de personnels éducatifs et de travailleurs sociaux.

Saluant « le volontarisme » de la ville de Nice en matière de sécurité, le chef de l’État a déclaré que dans le département des Alpes-Maritimes, « 72 points de deal [ont été] recensés fin 2021, dont 41 sur la ville de Nice. Sur l’année 2021, neuf points de deal ont été démantelés, ce qui caractérise une baisse de 11% ».

Des amendes forfaitaires pour les peines de moins d’un an

L’amende forfaitaire qui concerne le harcèlement de rue « sera triplée à 300 euros » a aussi annoncé Emmanuel Macron. « Nous allons mobiliser beaucoup plus massivement ces forces et doubler la présence policière dans les transports en commun, en particulier aux horaires où les agressions sont les plus constatées ».

Le président de la République souhaite également généraliser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) « pour tous les délits prévoyants une peine d’emprisonnement inférieure à un an ». « Cela va permettre d’avoir une réponse immédiate, d’avoir une réponse efficace et effective », a-t-il argumenté.