Morbihan : Des parents se plaignent de la verbalisation de leur fils, le préfet leur répond sans détour


Dans un courrier, Patrice Faure, préfet du Morbihan, répond personnellement à des parents qui s’étaient plaints de la verbalisation de leur fils. (Préfecture du Morbihan)

L’attitude des parents, qui remettent en cause l’action des gendarmes, a fait réagir le préfet du Morbihan Patrice Faure. Il leur a écrit personnellement.

Début septembre, des contrôles routiers visant spécifiquement des deux-roues ont été menés par les gendarmes du Morbihan à Questembert. Le dispositif incluait la participation d’une douzaine de motards de la gendarmerie pour intercepter les scooters et motos en infraction.

Plusieurs contrevenants verbalisés

14 contrôles ont eu lieu et 10 scooters étaient débridés. Cette action volontaire du propriétaire permet à un engin de 50 cm³ d’atteindre 80 à 100 km/h de vitesse de pointe au lieu des 45 km/h réglementaires. Deux véhicules avaient des pneus trop usés pour les maintenir en circulation.

Des parents n’ont pas hésité à se plaindre de cette opération auprès de la Gendarmerie, exprimant leur mécontentement.

Le préfet leur écrit personnellement

L’information est remontée jusqu’à la préfecture, et le représentant de l’État a décidé de prendre sa plume pour répondre personnellement à ces parents. Le préfet y indique notamment : « Ne pas vous écrire ces choses, c’était ne pas faire mon métier » après leur avoir rappelé que le débridage mettait leur enfant en danger.


« De telles modifications constituent un danger pour votre enfant. Elles permettent en effet d’atteindre une vitesse bien souvent excessive et inadaptée à l’engin, compromettant ainsi la sécurité de son conducteur et celle des autres usagers de la route », écrit le préfet. « Par ailleurs et dans le cas probable d’un accident, les experts des mutuelles et des assurances contrôlent systématiquement l’existence de dispositifs de débridage, ce qui les conduit, le cas échéant, à la résiliation du contrat et au refus d’indemnisation du conducteur », poursuit-il dans sa missive.

38 morts depuis début janvier

Le haut fonctionnaire informe également les parents que depuis le début de l’année, 38 personnes ont trouvé la mort sur les routes de leur département, « dont 11 sur des cyclomoteurs ». « Parmi eux, des jeunes, comme Nathan, Gaëtan, Renaud, Tristan, Marvinn, Damien. Ils avaient entre 18 et 35 ans. Nous ne voulons pas que cette liste s’allonge », explique-t-il, avant de leur confier qu’il espère « [les] avoir convaincus de l’utilité de [leur] politique de sécurité routière et de la raison d’être des contrôles faits par [leurs] forces de l’ordre sur les routes ».