Paris : 130 000 euros en fausse monnaie saisis après un simple contrôle de police

Illustration. (Alexandre Marchi/PhotoPQR/Maxppp)

INFO ACTU17. Un contrôle de police de routine dans le quartier des Halles à Paris (1er) a donné lieu à l’interpellation d’un homme en situation irrégulière. Ce dernier transportait de nombreux faux billets. La perquisition de son domicile a permis d’en saisir bien plus. Près de 130 000 euros en fausse monnaie ont été découverts au total, dont une partie est de « très bonne fabrication et difficile à détecter ». Il s’agit de la plus grosse saisie de ce type connue à ce jour, en Europe.

En procédant à ce simple contrôle d’identité mercredi, les policiers de la brigade territoriale de contact (BTC) du commissariat du centre n’imaginaient pas que cela aboutirait à une saisie record de faux billets. Vers 15h40, ils étaient en patrouille sur le boulevard de Sébastopol, qui sépare le 1er et le 4e arrondissement de la capitale, lorsqu’ils ont aperçu un homme qui crachait par terre. C’est à partir de là que tout s’est enchainé.

Le comportement de ce passant a rapidement intrigué les fonctionnaires. Nerveux, il a affirmé qu’il n’avait pas de document d’identité, ni de domicile et qu’il venait du Sénégal. Dans sa sacoche, les agents ont aperçu de très nombreux billets de banque. Plutôt étonnant pour un sans domicile fixe. Questionné sur cette importante somme d’argent, l’homme a rapidement perdu les pédales. « Il a expliqué qu’il avait plusieurs milliers d’euros sur lui, sans savoir vraiment combien, ni d’où venait cet argent », détaille une source proche du dossier. Les policiers ont décidé de le conduire au commissariat, devant un officier de police judiciaire (OPJ), pour procéder à une vérification d’identité et pour déterminer la provenance de cet argent.

Il part en courant, les policiers le rattrapent

Le petit groupe a pris la direction de la rue Lescot qui se situe devant le Forum des Halles et l’ancien commissariat. C’est là que la voiture de police était stationnée. Durant le trajet, le suspect est soudainement parti en courant. Une course-poursuite pédestre a débuté. Le fuyard a couru jusqu’à un autre accès menant au centre commercial et au métro. Il a finalement été rattrapé mais s’est violemment rebellé. « Il a ensuite simulé un malaise mais les sapeurs-pompiers ont rapidement confirmé qu’il était en bonne santé », ajoute cette source. Le suspect a été placé en garde à vue et les enquêteurs sont alors allés de surprise en surprise.

Ils ont identifié le mis en cause qui est âgé de 43 ans. Ce ressortissant sénégalais en situation irrégulière est bien connu des services de police, sous plusieurs identités. Les enquêteurs du commissariat du centre, qui s’occupent des quatre premiers arrondissements de Paris, se sont intéressés aux billets que le suspect avait dans ses affaires. Il y avait au total 15 000 euros… en faux billets de 50 et 100 euros, ainsi que 800 euros en coupures authentiques. Lors de la perquisition de son domicile de Pantin (Seine-Saint-Denis), les fonctionnaires ont mis la main sur près de 1200 faux billets de 100 et 50 euros, et sur un faux permis de conduire italien. Au total, près de 130 000 euros en fausses coupures ont été saisis, ainsi que 10 000 euros en numéraire.

« Une partie de ces faux billets sont de très bonne fabrication et difficiles à détecter »

Le quadragénaire s’est montré peu bavard durant ses premières auditions. « Il a minimisé son implication dans ce trafic de fausse monnaie, affirmant être juste « une mule » dans ce réseau », décrit cette même source. « Pour une bonne partie de ces faux billets, ils sont de très bonne fabrication et difficiles à détecter. Ils pourraient venir de la région de Naples ». La garde à vue du mis en cause – qui peut durer jusqu’à 96 heures – se poursuit dans les locaux de l’Office central pour la répression du faux monnayage (OCRFM), le plus vieil office de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), qui a repris ce dossier. « C’est à ce jour la plus grosse saisie connue de faux billets de ce type en Europe », souligne-t-on.