Policier brûlé à Bonneuil-sur-Marne : un ado mis en examen et écroué, cinq autres remis en liberté


Les policiers de la BAC ont été attaqués aux mortiers d'artifice. (captures écran/DR)

Un adolescent âgé de 16 ans a été mis en examen ce mercredi suite à l’attaque aux mortiers d’artifice visant une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC), à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), dimanche soir. Il a été écroué. Cinq autres mineurs ont été remis en liberté à ce stade des investigations.

Six adolescents de 14 ans à 16 ans ont été interpellés peu après les faits qui se sont déroulés à Bonneuil-sur-Marne, dimanche soir. L’un d’entre eux a été mis en examen pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en bande organisée » ce mercredi a annoncé le parquet de Créteil. Un juge des libertés et de la détention (JLD) a décidé son placement en détention provisoire, qui avait été requis par le procureur.

Les cinq autres mineurs ont été remis en liberté mardi. « On n’a pas réuni à ce stade d’indices graves et concordants contre eux », a exposé le parquet cité par Le Figaro. Les investigations sont toujours en cours afin d’identifier la totalité des agresseurs, qui étaient une quarantaine au total. Une enquête des chefs de « tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, complicité de cette tentative, violences aggravées, menaces de mort et enregistrement et diffusion d’images violentes », a été ouverte et confiée à la sûreté départementale.

Lors de cette attaque, le policier qui était au volant, âgé de 37 ans, a été brûlé au second degrés en bas du dos, par un mortier d’artifice qui a été tiré à bout portant et qui a explosé dans le véhicule. Des vidéos amateurs avaient été diffusées sur les réseaux sociaux. 15 jours d’incapacité totale de travail (ITT) ont été attribués à ce fonctionnaire, tandis que deux de ses collègues qui se trouvaient avec lui, souffrent de leur côté d’acouphènes et d’une perte d’audition. 15 et 10 jours d’ITT leur ont été prescrits.

« Si le mortier avait touché directement mon dos, ma colonne aurait explosé »

Le fonctionnaire brûlé a raconté au Parisien le moment de l’attaque qui aurait pu lui causer des blessures bien plus graves. « Un garçon tire un mortier vers notre véhicule. Je tente de nous extraire de la rue. Mais le jeune revient, passe le canon du mortier par ma fenêtre entrouverte et vise ma tête. Il est allumé, je sais que 6 ou 8 cartouches vont donc exploser à la suite », décrit-il. « Je me dis que je vais y passer. J’ai le réflexe de me jeter sur le passager avant ».

« Les collègues ont les oreilles touchées. Les jeunes tirent à nouveau des mortiers en notre direction. Alors on remonte en voiture et on parvient à partir », poursuit-il. « De la fumée sortait de derrière mon dos. J’ai crié à mes collègues : Je brûle ! Je brûle ! ». Les policiers se sont arrêtés un peu plus loin et les sapeurs-pompiers ont pris en charge le trentenaire, lui expliquant que sa blessure était grave. « Je suis brûlé au 2e degré sur une plaie de 38 cm de long et 13 de haut », déplore le policier. « Le médecin des urgences m’a dit que je n’étais passé pas loin du 3e degré avec greffe de peau. Si le mortier avait touché directement mon dos, ma colonne aurait explosé ».

Cette violente agression n’a pas atteint la volonté de ce fonctionnaire de la BAC : « Ce qui s’est passé dimanche n’entame pas 1% de notre motivation à lutter contre les trafics ! On n’a pas peur et les jeunes d’ici le savent ».