Policière tuée à Albi en 2018 : cinq ans de prison dont un an avec sursis pour le chauffard

Le palais de Justice de Nice. (Illustration/photo David Franklin/shutterstock)

Un homme aujourd’hui âgé de 33 ans a écopé ce jeudi d’une peine de cinq ans de prison dont un an de sursis probatoire, par le tribunal d’Albi (Tarn), pour avoir mortellement percuté une policière de 49 ans, Marlène Castang, au petit matin le 15 octobre 2018, alors qu’elle intervenait sur un premier accident. Le chauffard était sous l’emprise de la drogue.

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, avait évoqué « une terrible injustice » lors de l’hommage à Marlène Castang, une gardienne de la paix de 49 ans tuée par un chauffard lors d’une intervention pour un accident de la route, à Albi. C’était le 15 octobre 2018.

L’auteur des faits, Alexandre D., qui a 33 ans, a été jugé ce jeudi au tribunal d’Albi pour homicide involontaire avec circonstances aggravantes, ainsi que pour les blessures causées à un autre policier. Les deux filles de la défunte, qui avaient 19 et 21 ans au moment du drame, se sont exprimées lors de l’audience rapporte La Dépêche. La tragédie « a bouleversé notre vie à tout jamais » ont-elle exprimé, évoquant aussi « un vide indescriptible » depuis la disparition de leur mère. Dans cette salle comble, il y avait également la famille, les amis et les collègues de Marlène Castang, qui a reçu le grade de capitaine de police à titre posthume, et qui a aussi été élevée au grade de chevalier de l’Ordre du mérite et décorée de la médaille de la police. La policière avait exercé à Paris, puis en sécurité publique à Marseille, avant de rejoindre Albi en 2011, d’où elle était originaire.

Ce lundi 15 octobre 2018, il ne fait pas encore jour lorsque l’équipage de cette gardienne de la paix intervient pour un accident sur la rocade d’Albi. Il pleut à verse et les policiers sécurisent la zone. Le chauffard au volant de son pick-up de près de deux tonnes, arrive et percute violemment la policière qui est projetée contre le camion de dépannage venu pour le premier accident. Elle est décédée sur place des suites de ses blessures, malgré l’intervention des secours.

Déjà condamné à plusieurs reprises

Le prévenu arrivait de Bordeaux et se rendait sur un chantier. Il était parti le dimanche soir, n’avait que peu dormi et avait fait la fête tout le week-end, consommant beaucoup de cocaïne. Il était aussi sous méthadone au moment du drame. Dans le véhicule du mis en cause – emprunté sans autorisation à son patron -, les policiers avaient retrouvé des méthamphétamines, de l’ecstasy et le nécessaire pour s’injecter de la cocaïne précise Le Parisien. L’homme n’aurait pas vu le gyrophare du véhicule de police qui était allumé, ni les feux de détresse du camion et des autres véhicules à l’arrêt.

Lors de sa prise de parole, le procureur de la République a dénoncé « la personnalité transgressive » du prévenu, déjà « condamné cinq fois pour des conduites sans permis, puis (…) pour cinq excès de vitesse ». Alexandre D. a contesté le fait qu’il conduisait trop vite, affirmant avoir pris « une vingtaine de rails la veille de l’accident ». Le trentenaire a été condamné à cinq ans de prison dont un an avec sursis probatoire, et a été ramené en prison à l’issue de l’audience puisqu’un mandat de dépôt a été délivré.