Le vendredi 16 octobre 2026 à 09:58
Les policiers et les gendarmes pourront utiliser des grenades assourdissantes lors de la mobilisation nationale de ce samedi 17 octobre, alors que l'usage de l'une d'entre elles avait été suspendu pendant le mouvement lycéen. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, l'a annoncé ce vendredi matin sur France 2, en détaillant les consignes données aux forces de l'ordre. Il s'attend à une mobilisation "assez importante".
"Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège, ou ailleurs, évidemment ce type d'armement peut être utilisé", a déclaré Laurent Nuñez. Il a assuré que cette arme était toujours employée "avec parcimonie" et a ajouté : "La grenade assourdissante n'est jamais utilisée si les choses se passent bien."
️ "S’il devait y avoir des affrontements, tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisés."
@NunezLaurent, ministre de l’Intérieur, n’exclut pas le recours aux grenades assourdissantes dans le cadre de la mobilisation du 17 octobre.
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— Telematin (@telematin) October 16, 2026
Une grenade suspendue après le drame de Lens
L'un de ces types de grenades a été suspendu après le drame de Lens (Pas-de-Calais), au début du mois d'octobre. Un lycéen a eu la main arrachée après avoir été en contact avec une grenade assourdissante.
"Les policiers et gendarmes doivent pouvoir utiliser l'ensemble des armes intermédiaires à leur disposition", a insisté le ministre de l'Intérieur. Les forces de l'ordre pourront ainsi utiliser des grenades lacrymogènes comme des lanceurs de balles de défense (LBD).
«Systématiquement une intervention» en cas d'exactions
Les consignes données aux forces de l'ordre sont "d'encadrer les manifestations, qu'elles se déroulent sans débordement, et d'intervenir quand il y a des exactions ou s'il devait y avoir des débordements, notamment des atteintes aux forces de sécurité intérieure, des tentatives de pillage de commerce", a expliqué Laurent Nuñez. Dans ces situations, il y aura "systématiquement une intervention", a-t-il prévenu.
Les rassemblements spontanés seront également visés. Les fonctionnaires et les militaires ont pour instruction "d'y mettre un terme lorsqu'ils causent un trouble à l'ordre public et une entrave de la bonne circulation".
Le ministre de l'Intérieur a également évoqué l'ultragauche. "Dans les grandes villes, on voit que l'ultragauche provoque des dégradations, essaie de faire dégénérer ces manifestations, on va être extrêmement vigilants", a-t-il averti.
Jusqu'à 100 000 manifestants attendus hors région parisienne
"Il y a eu beaucoup d'appels sur les réseaux sociaux, on a identifié environ 250 actions", a précisé Laurent Nuñez. Quatre-vingts cortèges sont attendus, dont une quarantaine ont déjà été déclarés. Des rassemblements spontanés, des manifestations sur la voie publique et des blocages, notamment sur des ronds-points, sont prévus à travers le pays.
Selon une note du renseignement territorial consultée par RMC, entre 50 000 et 100 000 manifestants sont attendus en France, sans compter la région parisienne.