Le mardi 3 novembre 2026 à 17:40
Pascale Dubois, première femme à avoir dirigé les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), est décédée dimanche dans le Val-d'Oise, à l'âge de 66 ans, après un long combat contre la maladie. Haute fonctionnaire de la police nationale, elle avait été directrice centrale des CRS de 2020 à 2025, au terme d'une longue carrière dans la sécurité publique en Île-de-France.
L'Association des hauts fonctionnaires de la police nationale (AHFPN) a fait part de son décès ce mardi sur LinkedIn, saluant une "femme d'engagement et des combats difficiles". L'association a rappelé qu'elle avait été longtemps à la tête de services réputés difficiles de petite et de grande couronne, notamment à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), avant de devenir "pionnière" en prenant la direction des CRS. "Appréciée de tous, elle aura marqué l'histoire de l'institution CRS par son engagement et sa détermination", a souligné l'AHFPN.
Originaire de l'Avesnois, dans le Nord, Pascale Dubois avait étudié le droit privé à Lille et se destinait d'abord à la magistrature. Attirée par le judiciaire, elle a finalement rejoint la police en 1986 en passant le concours d'inspectrice, l'équivalent de l'actuel grade d'officier. Elle a débuté comme enquêtrice en sûreté urbaine dans le Val-d'Oise. "On peut rentrer par hasard dans la police, mais on n'y reste pas par hasard", confiait-elle au Parisien en 2020.
Devenue commissaire en 1993 par la voie du concours interne, elle a ensuite occupé de nombreux postes dans la sécurité publique en région parisienne. Elle a notamment passé neuf années en Seine-Saint-Denis, où elle a été la première femme à prendre la tête du district de Saint-Denis et où elle a dû faire face aux émeutes urbaines de 2005. En 2012, elle a été nommée directrice départementale de la sécurité publique (DDSP) du Val-d'Oise.
Première femme à la tête des CRS
Elle a rejoint la direction centrale des CRS en 2017 comme directrice adjointe, avant d'en prendre les commandes fin juillet 2020, en succédant à Philippe Klayman. Elle devenait ainsi la première femme à diriger ce corps spécialisé dans le maintien de l'ordre, créé en 1944. Sa nomination est intervenue dans un contexte délicat, après la crise des Gilets jaunes et alors qu'un nouveau schéma national du maintien de l'ordre était en préparation. "Je me définis avant tout comme une commissaire, une policière", expliquait-elle à l'époque. Elle a quitté ses fonctions en 2025, avant de prendre sa retraite.
«Une grande dame»
Parmi les hommages, celui de Guillaume Farde, chercheur, professeur affilié à l'École d'affaires publiques de Sciences Po et consultant police-justice pour le groupe TF1. Il l'avait croisée à plusieurs reprises ces dernières années, notamment lors du Beauvau de la sécurité. "Pascale Dubois était une grande dame. Une figure marquante de la Police nationale, dont elle restera la première femme à avoir dirigé les CRS", a-t-il écrit sur LinkedIn. Il a aussi salué une "femme de conviction", dont l'autorité était "naturelle, parce qu'elle reposait d'abord sur l'exemplarité".
Le chercheur a enfin évoqué la maladie contre laquelle elle se battait depuis plusieurs années. Il lui adressait régulièrement des messages pour prendre de ses nouvelles et l'encourager "dans son combat". "Elle prenait toujours le temps de me répondre, avec cette gentillesse qui lui ressemblait tant", a-t-il confié.