Le dimanche 18 octobre 2026 à 21:33
Le syndicat Alliance Police Nationale a publié ce dimanche un communiqué au ton particulièrement offensif, au lendemain de la journée de mobilisation du 17 octobre, marquée par des violences et des pillages dans plusieurs villes de France. Intitulé "J'accuse !", en référence à la célèbre lettre d'Émile Zola, le texte porté par son secrétaire général, Fabien Vanhemelryck, désigne "tous ces politiques successifs" comme responsables de la situation. Selon un bilan consolidé du ministère de l'Intérieur publié ce dimanche soir, 550 000 personnes ont participé à la mobilisation en France, dont 110 000 à Paris. Au total, 2 397 personnes ont été interpellées et 997 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, dont sept grièvement. Dans la matinée, Laurent Nuñez avait fait état d'un premier bilan de 1 800 interpellations et de plus de 500 blessés. Les syndicats Un1té et UNSA Police ont également réagi.
Le communiqué d'Alliance Police Nationale s'articule autour d'une série d'accusations. Le syndicat y dénonce "des années de laxisme, de lâcheté politique et de renoncements qui ont fait de l'impunité une règle, de la violence une habitude". Il évoque une impunité "si insolente que les casseurs ne prennent même plus la peine de se masquer pour piller, incendier et détruire".
L'organisation syndicale s'en prend également à "ceux qui excusent l'inexcusable, justifient les violences et préfèrent accabler les policiers plutôt que condamner ceux qui les agressent", ainsi qu'à ceux qui "transforment les voyous en victimes et les policiers en coupables". Elle vise directement "un État qui abandonne ses policiers face à une violence toujours plus décomplexée, tout en exigeant d'eux qu'ils encaissent, se taisent et continuent à tenir la ligne". Le texte cible aussi une République qui "recule lorsqu'il faut leur apporter protection, autorité et soutien". Alliance Police Nationale fustige enfin "cette chaîne de responsabilités où chacun se défausse", alors que "sur le terrain, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix du sang".
MOBILISATION DU 17 OCTOBRE 2026
J’ACCUSE !
J’ACCUSE des années de laxisme, de lâcheté politique et de renoncements qui ont fait de l’impunité une règle, de la violence une habitude et laissé s’installer une impunité si insolente que les casseurs ne prennent même plus la peine de se masquer pour piller, incendier et détruire.
J’ACCUSE ceux qui excusent l’inexcusable, justifient les violences et préfèrent accabler les policiers plutôt que condamner ceux qui les agressent.
J’ACCUSE ceux qui inversent honteusement les responsabilités, transforment les voyous en victimes et les policiers en coupables.
J’ACCUSE un État qui abandonne ses policiers face à une violence toujours plus décomplexée, tout en exigeant d’eux qu’ils encaissent, se taisent et continuent à tenir la ligne.
J’ACCUSE cette République qui réclame des sacrifices à ses policiers mais recule lorsqu’il faut leur apporter protection, autorité et soutien.
J’ACCUSE cette chaîne de responsabilités où chacun se défausse, où personne n’assume et où, sur le terrain, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix du sang.
J’ACCUSE cette banalisation insupportable des policiers blessés, des attaques contre nos commissariats et de cette haine de l’uniforme devenue presque ordinaire.
J’ACCUSE ceux qui, par la violence, la destruction et l’intimidation, confisquent aux Français une liberté fondamentale : LEUR LIBERTÉ DE MANIFESTER PACIFIQUEMENT !
J’ACCUSE cette dérive intolérable qui laisse les casseurs imposer leur loi et contraint les citoyens à renoncer à leurs libertés par peur du chaos.
NON, CE N’EST PAS UNE FATALITÉ !
La violence n’est pas une opinion. L’émeute n’est pas une liberté.
Attaquer un policier n’est pas un acte militant !
Il est temps que l’autorité soit rétablie, que la loi soit appliquée et que les auteurs de violences répondent réellement de leurs actes.J’ACCUSE ENFIN TOUS CES POLITIQUES SUCCESSIFS D’AVOIR LAISSÉ POURRIR CETTE SITUATION, D’AVOIR LAISSÉ S’INSTALLER LE CHAOS ET DE PORTER L’ENTIÈRE RESPONSABILITÉ DE CE QUE NOUS SUBISSONS AUJOURD’HUI !
Fabien Vanhemelryck,
Secrétaire général d’alliance Police nationale— ALLIANCE PN (@alliancepolice) October 18, 2026
«L'émeute n'est pas une liberté»
Le syndicat dénonce encore "cette banalisation insupportable des policiers blessés, des attaques contre nos commissariats et de cette haine de l'uniforme devenue presque ordinaire". Selon lui, ceux qui agissent par la violence et l'intimidation "confisquent aux Français une liberté fondamentale", celle de manifester pacifiquement. Il pointe aussi "cette dérive intolérable qui laisse les casseurs imposer leur loi et contraint les citoyens à renoncer à leurs libertés par peur du chaos".
"Non, ce n'est pas une fatalité !", poursuit le communiqué. "La violence n'est pas une opinion. L'émeute n'est pas une liberté. Attaquer un policier n'est pas un acte militant !", martèle Alliance Police Nationale. Le syndicat estime qu'il "est temps que l'autorité soit rétablie, que la loi soit appliquée et que les auteurs de violences répondent réellement de leurs actes".
Le texte se conclut par un dernier "J'accuse", écrit en lettres capitales. Il est adressé à "tous ces politiques successifs", accusés "d'avoir laissé pourrir cette situation, d'avoir laissé s'installer le chaos". Selon le syndicat, ces responsables portent "l'entière responsabilité de ce que nous subissons aujourd'hui". Le communiqué s'achève sur le slogan du syndicat : "Agir pour ne pas subir".
Un1té dénonce «l'impuissance publique»
De son côté, Un1té a publié un communiqué intitulé "Violences du 17 octobre : la France se réveille avec la gueule de bois, les policiers paient le prix de l'impuissance publique". Le syndicat critique la classe politique, qui répond selon lui "par une pluie de tweets et de mots creux", alors que "nos collègues, eux, ont passé la nuit dans la rue, face à la violence". Pour Un1té, ce qui s'est produit ce 17 octobre "n'a rien d'une surprise" et résulte "d'échecs institutionnels accumulés".
"Le courage des policiers ne palliera jamais ni une mauvaise stratégie des autorités, ni les effectifs insuffisants, ni une réponse pénale pas à la hauteur", estime l'organisation syndicale. Elle évoque des policiers blessés, "parfois très grièvement, par des casseurs issus de l'ultra-gauche", ainsi que des manifestants blessés par "ces mêmes individus". Le syndicat souligne aussi que des commerçants ont vu leurs boutiques "saccagées et pillées par des voyous opportunistes".
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Violences du 17 octobre : la France se réveille avec la gueule de bois, les policiers paient le prix de l'impuissance publique.
#UN1TÉ https://t.co/ZaeUAHYCFT
— UN1TÉ (@UN1TE_policenat) October 18, 2026
"On ne peut pas exiger des policiers qu'ils absorbent indéfiniment les conséquences de choix qu'ils n'ont pas faits", affirme Un1té. Le syndicat "exige des moyens, un cadre juridique protecteur pour ceux qui maintiennent l'ordre, et une justice qui sanctionne réellement les auteurs des violences".
«L'inacceptable a été franchi»
UNSA Police a, pour sa part, diffusé un visuel faisant état de "centaines de policiers blessés" et affirmant que "l'inacceptable a été franchi". "Si les pouvoirs publics s'imaginent que la résilience de la Police nationale est inépuisable, ils se trompent lourdement", prévient le syndicat. Il exige que "l'ensemble des organisations syndicales représentatives soit reçu dès le début de semaine". "Nos collègues attendent des réponses !", conclut UNSA Police.
[ #17Octobre ] : L’inacceptable a été franchi !
Nous exigeons que l’ensemble des organisations syndicales représentatives soit reçu dès le debut de semaine par @NunezLaurent, ministre de l’Intérieur.
Nos collègues attendent des réponses !
@PoliceNationale @prefpolice https://t.co/zH2nouwGFS
— UNSA POLICE (@UNSAPOLICE) October 18, 2026