Virus Shamonda : Un patient hospitalisé à Lyon meurt, premier cas humain jamais documenté

Ce virus, transmis par des moucherons piqueurs, avait été identifié pour la première fois en France cet été dans des élevages bovins. Le patient, sévèrement immunodéprimé, a présenté des complications cérébrales avant son décès. Aucun risque pour la population générale n'est identifié à ce jour.
Virus Shamonda : Un patient hospitalisé à Lyon meurt, premier cas humain jamais documenté
Une civière dans un couloir des urgences de l'hôpital de la Timone à Marseille, le 1er août 2024. (Illustration / Obatala-photography / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 22 octobre 2026 à 11:40

Un patient atteint d'une immunodépression sévère, pris en charge aux Hospices civils de Lyon (HCL) pour une pathologie grave, est mort début octobre après avoir été infecté par le virus Shamonda. Ce virus était jusqu'ici connu chez les animaux d'élevage et n'avait encore jamais été détecté chez l'homme. Il s'agit du premier cas humain jamais documenté, ont annoncé jeudi les ministères de la Santé et de l'Agriculture dans un communiqué commun. Les autorités sanitaires assurent qu'aucun risque n'est identifié à ce jour pour la population générale.

Jusqu'ici, ce virus était présenté comme incapable de franchir la barrière entre l'animal et l'homme. "Le virus Shamonda était jusqu'à présent considéré comme non transmissible à l'être humain. L'infection par le virus Shamonda chez ce patient constitue ainsi la première détection documentée et rapportée du virus chez l'être humain", ont souligné les deux ministères. Ils ont rappelé que le virus circule depuis plusieurs décennies en Afrique et en Asie sans qu'aucune contamination humaine n'y ait été recensée. Pour eux, il s'agit donc d'"un cas exceptionnel survenu chez un patient fortement immunodéprimé".

La piste d'une piqûre de moucheron

Les premières investigations ont permis de dégager une piste sur l'origine de la contamination. "À ce stade des investigations, l'hypothèse est celle d'une contamination vectorielle du cas, par la piqûre d'un moucheron de type Culicoïde dans l'Est de la France, territoire rapportant une circulation du virus chez l'animal au printemps / été 2026", ont détaillé les ministères. Ils ont aussi établi un lien probable entre l'infection et la dégradation de l'état du patient : "Selon les investigations déjà menées, les complications cérébrales observées chez le patient immunodéprimé avant son décès seraient très probablement liées à l'infection par le virus Shamonda."

Un virus apparu en France cet été

Le virus Shamonda appartient à la famille des orthobunyavirus. Il se transmet aux animaux par l'intermédiaire de moucherons piqueurs du genre Culicoïdes. Il a été identifié pour la première fois au Nigeria au milieu des années 1960. Il a ensuite été repéré de manière sporadique dans des cheptels bovins en Afrique de l'Ouest, de l'Est et australe, ainsi qu'au Japon.

Le virus est apparu en Europe à l'été 2026. Les bovins constituent ses principaux hôtes, mais des infections ont aussi été constatées ponctuellement cet été chez des petits ruminants et des équidés sur le territoire français.

Selon le ministère de l'Agriculture, l'émergence du virus a été mise en évidence fin juillet dans des élevages de vaches laitières de plusieurs départements, notamment dans l'Est. Il a également été détecté en Suisse et en Allemagne. Chez les bovins, l'infection provoque généralement de la fièvre, des diarrhées et une baisse de la production laitière, des symptômes le plus souvent transitoires. Les femelles gestantes pourraient toutefois avorter ou donner naissance à des veaux malformés. Il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement permettant d'éliminer le virus chez l'animal.

Des investigations cliniques, biologiques et épidémiologiques se poursuivent. Elles suivent l'approche "Une seule santé", qui associe des spécialistes de la santé humaine, animale et environnementale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont été informés de ce cas. "Au regard des connaissances disponibles sur ce virus, aucun risque sanitaire pour la population générale n'est identifié à ce jour", ont insisté les ministères.