Le mardi 20 octobre 2026 à 19:23
Le syndicat Alliance Police Nationale dénonce la présence d'une demi-compagnie de CRS devant la chocolaterie de la famille Trogneux. Ce dispositif aurait été déployé à Amiens (Somme), samedi 17 octobre, en marge de la journée de mobilisation marquée par de nombreux pillages et des violences d'ampleur dans tout le pays. Dans une publication diffusée ce mardi sur les réseaux sociaux, l'organisation syndicale interpelle le chef de l'État et "exige des explications".
"Monsieur Macron, la République n'est pas votre propriété privée !", lance Alliance Police Nationale. Le syndicat accompagne son message d'une photo montrant plusieurs fourgons de police stationnés, gyrophares allumés. "Pendant que des commerces sont pillés, que des policiers sont blessés et que les effectifs manquent partout…", une demi-compagnie a été "signalée devant la chocolaterie de la famille Trogneux", écrit-il. L'établissement est dirigé par Jean-Baptiste Trogneux, petit-neveu de Brigitte Macron. Il est notamment connu pour le macaron d'Amiens, une spécialité locale.
«Les CRS servent la République, pas les privilèges»
"Rappelez-nous, Monsieur le président : les Français ont-ils tous droit à la même protection ?", poursuit Alliance Police Nationale. "Nos collègues ne sont ni des figurants ni une réserve d'effectifs à la disposition des puissants !", insiste le syndicat, qui pose trois questions : "Qui a donné les ordres ? Pour quelle mission ? Au détriment de quels besoins opérationnels ?"Puis il martèle : "Les CRS servent la République, pas les privilèges !"Sollicité par Actu17, le Service d'information et de communication de la police nationale (SICOP) n'a pas répondu dans l'immédiat.
MONSIEUR MACRON, LA RÉPUBLIQUE N’EST PAS VOTRE PROPRIÉTÉ PRIVÉE !
Pendant que des commerces sont pillés, que des policiers sont blessés et que les effectifs manquent partout…
UNE DEMI-COMPAGNIE SIGNALÉE DEVANT LA CHOCOLATERIE DE LA FAMILLE TROGNEUX !
❓ RAPPELEZ-NOUS, MONSIEUR LE PRÉSIDENT : LES FRANÇAIS ONT-ILS TOUS DROIT À LA MÊME PROTECTION ?
Nos collègues ne sont ni des figurants ni une réserve d’effectifs à la disposition des puissants !
❓ QUI A DONNÉ LES ORDRES ?
❓ POUR QUELLE MISSION ?
❓ AU DÉTRIMENT DE QUELS BESOINS OPÉRATIONNELS ?
LES CRS SERVENT LA RÉPUBLIQUE, PAS LES PRIVILÈGES !
✊ ALLIANCE POLICE NATIONALE EXIGE DES EXPLICATIONS !
⚪ AGIR POUR NE PAS SUBIR !
— ALLIANCE PN (@alliancepolice) October 20, 2026
Le Canard enchaîné évoque lui aussi ce dispositif. Selon l'hebdomadaire, une compagnie aurait été spécialement dépêchée pour surveiller les boutiques de la famille Trogneux au Touquet (Pas-de-Calais) et à Amiens. Toujours d'après nos confrères, qui s'appuient sur des chiffres de la police nationale, le ministère de l'Intérieur n'a engagé que 42 compagnies de CRS sur l'ensemble du territoire, alors que 14 autres auraient pu être mobilisées. À Paris, le préfet de police n'aurait pas obtenu tous les renforts demandés, alors que des notes du renseignement de la préfecture de police l'avaient alerté sur des risques de pillages massifs, précise le journal.
Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l'élection présidentielle 2027, s'est également emparé du sujet. Sur X, il a évoqué la présence de six fourgons de police devant la boutique et dénoncé des "privilèges d'un autre temps", estimant que "tous les autres commerçants de France ont, eux, été abandonnés face aux pilleurs".
Jusqu’où iront-ils ?
6 fourgons de police étaient présents samedi pour protéger la boutique Trogneux, de la famille de Brigitte Macron…
Tous les autres commerçants de France ont, eux, été abandonnés face aux pilleurs.
Ce mépris et ces privilèges d’un autre temps sont INSUPPORTABLES !
— Nicolas Dupont-Aignan (@dupontaignan) October 19, 2026
Une mobilisation qui n'avait pas été anticipée
Samedi, des centaines de milliers de personnes ont manifesté partout en France contre la vie chère et en soutien au mouvement lycéen. La police a compté 550 000 manifestants, les organisateurs 800 000. Des heurts ont éclaté avant même le départ des cortèges, puis la situation a dégénéré dans plusieurs villes, notamment à Limoges (Haute-Vienne), où l'hôtel de ville a été incendié.
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a fait état d'"au moins 3 000 commerces" dégradés ou pillés à Paris et dans de nombreuses villes. Lundi, sur France Inter, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu "une perte de contrôle" des forces de l'ordre dans "certaines grandes villes", tout en se défendant d'avoir "sous-estimé" le dispositif de maintien de l'ordre.