Un militant anti-Linky condamné à six mois de prison avec sursis pour le vol de 92 concentrateurs

Illustration. (NeydtStock/shutterstock)

Le prévenu de 58 ans était jugé pour le vol de 92 concentrateurs en 2020, dans toute la Bretagne. En plus d’une peine de prison avec sursis, il devra verser un peu plus de 47 000 euros à Enedis, en réparation de son préjudice financier.

Un militant anti-Linky a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis en correctionnelle à Rennes pour le vol avec dégradation de 92 concentrateurs permettant le fonctionnement de ces compteurs communicants. Le tribunal correctionnel a assorti cette condamnation, conforme aux réquisitions, de la confiscation de la voiture du prévenu et d’autres biens placés sous scellés.

Christophe M., ex-informaticien de 58 ans, a également été condamné à verser 47.165,70 euros au gestionnaire du réseau d’électricité Enedis, en réparation de son préjudice financier, ainsi qu’un euro de préjudice moral.

Cet habitant de Pont-Péan, au sud de Rennes, avait comparu vendredi pour le vol avec destruction ou dégradation de ces 92 concentrateurs en 2020, dans toute la Bretagne. Ces boîtiers permettent à la cinquantaine de compteurs Linky auxquels ils sont raccordés de transmettre leurs relevés à Enedis. Mais ils sont accusés par les personnes électrosensibles d’émettre des ondes nuisibles.

« Ce n’est pas le Jean Moulin des ondes basses fréquences, ce n’est pas le martyr de la cause »

« Si j’en suis arrivé à cette extrémité, c’est pour une raison de survie », avait déclaré Christophe M. à la barre, en invoquant la « légitime défense » et « une action de résistance face à une espèce de déni et d’oppression sur la vie ». « Ce n’est pas le Jean Moulin des ondes basses fréquences, ce n’est pas le martyr de la cause », avait rétorqué le représentant du ministère public, en requérant 6 mois de prison avec sursis.

Contacté par l’AFP, l’avocat du prévenu, Jérôme Bouquet-Elkaïm, a annoncé que son client allait faire appel de sa condamnation. « On s’attendait à une décision plus clémente parce qu’on a mis le doigt sur une vraie problématique », à savoir la situation des personnes atteintes d’électrohypersensibilité (EHS), a expliqué l’avocat.

En mars 2018, l’agence sanitaire Anses a reconnu que les électrosensibles souffraient et que cette souffrance devait être prise en charge, tout en ajoutant qu’« aucune preuve expérimentale solide » ne permettait pour l’heure « d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS ».