Un syndicat de police appelle «à ne plus interpeller» et à des rassemblements devant les commissariats


Christophe Castaner. (photoFrederic Legrand - COMEO / Shutterstock)

Les syndicats de policiers ont été reçus par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ce jeudi. Ces derniers ont de nouveau fait part de leur colère.


La tension continue à monter entre les organisations syndicales policières et le ministère de l’Intérieur. Interrogé par CNews après son rendez-vous avec Christophe Castaner, le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, Yves Lefebvre, a appelé les policiers à « ne plus interpeller ».

« On est stigmatisés, accusés de violences, de racisme en permanence, on est même accusés depuis hier d’homophobie en permanence », s’est-il exclamé. « Aujourd’hui c’est très clair, mes collègues ne sont plus protégés, sont lâchés dans le désert par leur ministre, donc j’appelle mes collègues à ne plus interpeller, à ne plus intervenir », a-t-il poursuivi. « Castaner a perdu la confiance des policiers ».

« On doit utiliser le « contrôle de tête » (la technique dite « d’étranglement », ndlr), pour interpeller des individus qui ne veulent pas être interpellés », a expliqué Yves Lefebvre à BFMTV. Le syndicaliste a réclamé le retour de cette méthode de neutralisation, qu’il juge indispensable, comme les autres organisations syndicales.

Le leader de l’Unité SGP Police FO a invité les policiers « à se rassembler à 18 heures ce jeudi soir, devant les commissariats et de déposer à terre, de façon symbolique, leurs menottes ». Ce mercredi soir, près de 70 policiers se sont déjà rassemblés sur la place Masséna à Nice (Alpes-Maritimes). « On bafoue les policiers qui sont de plus en plus nombreux a été agressé et blessé », a-t-il lancé.

Une « action très forte demain » à Paris annonce le leader d’Alliance

Fabien Vanhemelryck, le secrétaire général d’Alliance Police Nationale, également syndicat de gardiens de la paix et de gradés, a lui aussi réclamé le retour de la technique dite « d’étranglement » et a annoncé une « action très forte demain » à Paris, à sa sortie du ministère de l’Intérieur.

« Ça sera l’effet de surprise. Il y aura une action très forte demain à Paris, symboliquement, parce que c’est important d’être pas loin du ministère, et de dire surtout que la police doit être soutenue par l’ensemble de la population. La police n’est pas raciste, ne faisons pas d’amalgames avec ce qu’il se passe aux États-Unis », a-t-il déclaré au micro de BFMTV.


« Si le gouvernement n’est pas capable [de soutenir la police], et bien nous, nous ferons en sorte de le faire. (…) Nous avons parlé du président [Emmanuel Macron], parce que si le ministre se comporte de la sorte, c’est que le président n’en pense pas moins », a insisté Fabien Vanhemelryck. « Aujourd’hui le ministre, il est en dehors des clous, mais le président, il l’est tout autant », a-t-il ajouté.

« La police, c’est pas l’éponge du gouvernement »

« On lui a dis une bonne fois pour toute [à Christophe Castaner], qu’il fallait arrêter d’acheter la paix sociale avec des phrases alambiquées, où on fait plaisir à une certaine partie de la population. La police, c’est pas l’éponge du gouvernement », s’est agacé le leader d’Alliance. « La police elle n’est pas responsable de tous les maux de la société et le gouvernement doit être derrière sa police ».