Villeneuve-Saint-Georges : Un homme poignardé à mort, trois squatteurs en situation irrégulière écroués

Le logo de la direction régionale de la police judiciaire parisienne. (Illustration/Actu17)

Rixe mortelle entre vendeurs de cigarettes à la sauvette. Trois hommes, âgés de 17 à 23 ans, ont été mis en examen début décembre à Créteil (Val-de-Marne), pour le meurtre de Khaled. Ces trois suspects, des squatters d’origine algérienne qui sont en situation irrégulière en France, ont été écroués. Mais cette affaire se résume pour l’heure à la parole de l’un contre celles des deux autres.

Le drame remonte au 2 décembre vers 6 heures du matin à Villeneuve-Saint-Georges. Un riverain part travailler lorsqu’il découvre rue Jules-Guesde, le corps de Khaled qui git inconscient et lardé de coups de couteau. Il prévient immédiatement les secours. Les pompiers, le SAMU et la police arrivent rapidement sur les lieux.

Ce quadragénaire souffre d’une plaie à la cuisse droite, d’une autre dans le dos, entre les omoplates et son visage a été lacéré. Il meurt entre les mains des secours et l’autopsie confirmera que son décès a été causé par ses blessures. Khaled n’a pas de papier sur lui. C’est son frère, alerté par les réseaux sociaux et le bouche à oreille qui pousse la porte du commissariat pour révéler l’identité de la victime. Les fonctionnaires découvrent que Khaled est fiché et que les empreintes digitales de cet Algérien renvoient à plusieurs alias.

Peu après les faits, les enquêteurs de la brigade criminelle de Paris découvrent un appartement squatté où Khaled pourrait avoir vécu avec d’autres hommes originaires du Maghreb. Ils y surprennent Mohammed, 27 ans qui n’a pas quitté les lieux. Sans papiers et sans domicile fixe, il explique qu’une rixe a éclaté entre la victime et deux adolescents. La bagarre aurait commencé dans le squat avant de finir dans la rue. Un litige sur fond de vente de cigarettes serait à l’origine de ce déchaînement de violence. Mohamed livre les identités des deux mineurs. Mais il est suspecté d’avoir pris part à l’agression et il est déféré le 4 décembre au palais de justice, avant d’être mis en examen et écroué.

Les deux autres suspects de 17 et 18 ans interpellés à Troyes

Les forces de l’ordre poursuivent leurs investigations et découvrent que les deux adolescents ont été exfiltrés par le frère aîné de l’un d’eux, à son domicile de Troyes (Aube). « Il avait peur que son benjamin soit tué, car il était désigné sur les réseaux sociaux comme étant le meurtrier », confie une source proche du dossier.

Le 9 décembre, les policiers interpellent les deux jeunes suspects âgés de 17 et 18 ans, dans cette ville du Grand-Est avant de les placer en garde à vue. Sans papiers et sans domicile comme la victime, ils nient en bloc toute implication dans la mort de Khaled durant leurs interrogatoires. Les deux ados, inconnus des services de police, concèdent quand même qu’il y avait bien un conflit avec cet homme au sujet de la vente de cigarettes.

Des analyses en cours

Les deux suspects ont été mis en examen et écroués. Des analyses sont en cours portant sur des traces de sang qui ont été découvertes sur les vêtements des auteurs présumés et de la victime. Peut-être que cet élément éclairera cette sombre histoire, avant qu’elle n’arrive devant les jurés de la cour d’assises.