Accusation de viol : «Comme tout citoyen, je suis à la disposition de la justice» dit Gérald Darmanin


Gérald Darmanin le 8 juillet 2020 au ministère de l'Intérieur. (photo Thomas Coex / Pool / EPA / Newscom / Maxppp)

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a rappelé qu’il « avoir le droit à la présomption d’innocence » ce jeudi matin au micro de RTL, alors qu’il est visé par une enquête pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

Gérald Darmanin s’est exprimé au sur RTL ce jeudi matin. Il a notamment été interrogé concernant l’enquête le visant pour des faits de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

« Je ne commente pas les affaires de justice en général et pas la mienne depuis 3 ans en particulier. Je constate simplement qu’il y a eu trois décisions de justice, deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite et un non lieu rendu par deux juges d’instruction (…) alors il me semble qu’au bout de trois décisions de justice, on peut penser que j’ai le droit à la présomption d’innocence », a-t-il déclaré.

« Je me rendrais à n’importe quelle convocation des magistrats instructeurs »

La nomination de Gérald Darmanin place Beauvau a provoqué la colère de plusieurs associations féministes qui ont organisé des rassemblements ces derniers jours. Le nouveau ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il n’avait rien à ne se reprocher et qu’il marchait « la tête haute ».

« Comme tout citoyen, je suis à la disposition de la justice », a-t-il ajouté, précisant avoir « écrit » à la justice pour que ni lui, ni son cabinet n’aient d’information sur ce dossier le concernant. « Je me rendrais à n’importe quelle convocation des magistrats instructeurs ».


C’est une « situation pas facile à vivre pour ceux qui sont accusés à tort », pour « votre famille, vos amis, votre réputation », a souligné le nouveau locataire de la place Beauvau.

La justice a demandé de nouvelles investigations

Depuis 2017, Gérald Darmanin est accusé de viol par une femme qui l’avait sollicité en 2009 pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. L’actuel ministre était alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP (devenu LR).

Selon les déclarations de la plaignante aux enquêteurs, l’ancien ministre de l’Action et des Comptes publics lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de « passer à la casserole ». Gérald Darmanin a de son côté reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, librement consentie.

Celui-ci avait bénéficié d’un non-lieu en 2018, mais la justice a ordonné de réexaminer sa validité le 14 novembre dernier. La procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

Le nouveau ministre de l’Intérieur était en déplacement dans plusieurs commissariats parisiens dans la nuit de mercredi à jeudi, à la rencontre de policiers, notamment dans le 18 et 19e arrondissement. Il a également rencontré les organisations syndicales et représentants du personnel de la police et la gendarmerie ce mercredi, au ministère de l’Intérieur.