Affaire des écoutes : Condamné à 3 ans de prison, Nicolas Sarkozy fait appel de la décision


Nicolas Sarkozy le 6 mai 2016. (photo SC Image/shutterstock)

L’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy a été condamné par le tribunal de Paris à trois ans de prison dont deux ans avec sursis pour corruption et trafic d’influence, en première instance.

Mise à jour 17h05 : L’avocate de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Laffont, annonce que son client va faire appel de la décision et dénonce « une affirmation sans preuve et sans démonstration de la part du tribunal ». Les deux autres prévenus, Thierry Herzog et Gilbert Azibert, font également appel de la décision du tribunal de Paris. Un nouveau procès aura donc lieu.

Le parquet national financier (PNF) avait requis quatre ans de prison dont deux avec sursis contre l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy, qui a finalement été condamné à trois ans de prison dont deux ans avec sursis ce lundi. Une peine qui sera aménageable. Le tribunal a ainsi estimé que le pacte de corruption était établi grâce à un « faisceau d’indices graves et concordants ». « Nicolas Sarkozy s’est servi de son statut et de ses relations politiques et diplomatiques pour gratifier un magistrat », a déclaré la présidente. Elle a ajouté qu’en tant qu’ancien avocat, il « était parfaitement informé des obligations déontologiques » de son avocat.

Thierry Herzog et Gilbert Azibert sont également reconnus coupables et condamnés à trois ans de prison dont deux avec sursis. Une interdiction d’exercer la profession d’avocat pendant 5 ans a également été prononcée à l’encontre de M. Herzog. Les trois hommes ont désormais 10 jours pour faire appel de cette décision.

L’ex-président de la République était accusé d’avoir tenté d’obtenir au début de l’année 2014, par l’intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes concernant la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt, auprès de Gilbert Azibert, premier avocat général à la deuxième chambre civile de la Cour.

En échange, le haut magistrat se serait vu promettre un coup de pouce pour obtenir un poste de choix en principauté de Monaco. Un poste qu’il n’a jamais obtenu. Un non-lieu avait par ailleurs été rendu dans l’affaire Bettencourt, en 2013.