Affaire Mila : 3 ados mis en examen pour avoir volé des données informatiques et harcelé la jeune fille


La jeune Mila avait critiqué l'Islam dans une vidéo diffusée sur Instagram. (capture écran)

Le dossier concernant la jeune fille Mila qui a critiqué l’Islam sur les réseaux sociaux n’est pas clos. La jeune fille, originaire d’Isère, avait reçu des menaces de mort et ses données personnelles avaient fuité sur internet. Trois adolescents ont été mis en examen et un quatrième a été interpellé dans ce volet de l’affaire.

Le parquet de Vienne (Isère) a indiqué, ce mercredi, que trois mineurs âgés de 16 à 17 ans ont été mis en examen dans l’affaire Mila, notamment pour « harcèlement électronique » et « vol de données informatiques », relate France 3.

L’enquête a été ouverte en janvier dernier, après la publication d’une vidéo dans laquelle Mila, une adolescente iséroise de 16 ans, critiquait l’Islam. Elle avait été diffusée en direct sur Instagram par Mila elle-même avant de devenir virale.

Une première enquête classée sans suite

L’affaire avait suscité l’émoi sur internet, ainsi que de nombreuses réactions politiques. Le président de la République Emmanuel Macron avait réaffirmé le « droit au blasphème » et le droit de « critiquer les religions », en prenant la défense de l’adolescente.

En parallèle, une enquête avait été ouverte pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, à raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée » contre Mila.


Dans la vidéo à l’origine de ces investigations, la jeune fille déclarait : « Je déteste la religion. Le Coran est une religion de haine, l’islam, c’est de la merde […] je dis ce que je pense ! Je ne suis pas raciste, mais pas du tout. On ne peut pas être raciste d’une religion ». Le parquet de Vienne l’avait finalement classée sans suite.

Protégée par la police

Après la publication de sa vidéo, l’adolescente a reçu des menaces de mort et de viol. Elle a dû être déscolarisée de son établissement scolaire à Villefontaine.

Au mois de février dernier, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, alors interrogé à l’Assemblée nationale lors des questions d’actualité au gouvernement, avait déclaré : « Mila et sa famille font l’objet d’une vigilance particulière, pour les protéger, de la part de la police nationale ».

Trois mis en examen dans l’autre volet de l’affaire

Trois personnes ont été mises en examen dans le cadre des investigations en cours pour « menaces de mort » et « harcèlement ». Un adolescent de 16 ans, originaire de Besançon, a été interpellé le 20 février dernier. Le procureur de la République de Vienne a précisé qu’« il lui était reproché d’avoir été à l’origine de la diffusion d’informations personnelles relatives à la jeune fille ».

Face aux enquêteurs, il a reconnu « avoir lui-même diffusé les informations personnelles de la victime ». Déféré devant un magistrat à l’issue de sa garde à vue, il a été mis en examen pour « recel de vol, harcèlement électronique et usage de données d’identification d’autrui ». Le mineur a été placé sous contrôle judiciaire.

Deux autres adolescents de 17 ans, originaires d’Isère et du Rhône, ont également été déférés devant un juge d’instruction de Vienne et mis en examen pour « vol et recel de vol de données informatiques ».

« Ils reconnaissaient avoir récupéré les données personnelles de Mila avant de les transmettre au mineur de Besançon », a indiqué le magistrat. Comme le premier suspect, ils ont été placés sous contrôle judiciaire.

Un adolescent interpellé pour des menaces de mort

Quelques semaines auparavant, les gendarmes de la Section de recherches (SR) de Grenoble avaient interpellé un autre mineur, soupçonné d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de Mila.

« Les investigations se poursuivent désormais en vue de l’identification d’autres auteurs de menaces sur la jeune fille », a déclaré le procureur de la République.