Le dimanche 11 octobre 2026 à 16:07
Quand j'étais petit, beaucoup rêvaient de devenir pompier ou policier. D'autres voulaient être médecin, instituteur, pilote ou vétérinaire. Il ne s'agit pas d'idéaliser une époque ni de prétendre que tous les enfants partageaient les mêmes rêves. Mais ces métiers incarnaient quelque chose de simple : protéger, sauver, transmettre, être utile aux autres. Porter un uniforme suscitait une forme de respect.
Quel regard portons-nous aujourd'hui sur ceux qui ont choisi de nous protéger ?
Au fil des années, nous avons affaibli nos policiers et nos pompiers comme nous avons parfois affaibli nos institutions. Nous avons fait preuve de faiblesse lorsque nous aurions dû faire preuve de fermeté. Nous avons laissé s'installer une forme de banalisation de l'inacceptable et, trop souvent, donné à ceux qui nous protègent le sentiment d'être abandonnés.
Une forme de banalisation de l'inacceptable
Le caillassage d'un camion de pompiers ne devrait jamais devenir un fait divers presque ordinaire. L'outrage ou l'agression d'un policier ne devrait jamais être considéré comme une conséquence banale de son métier.
Cela ne signifie évidemment pas que l'uniforme place celui qui le porte au-dessus des règles. Dans une démocratie, ceux qui exercent l'autorité doivent pouvoir rendre des comptes et les fautes doivent être sanctionnées lorsqu'elles sont établies. Mais demander de l'exemplarité à ceux qui représentent l'autorité ne signifie pas renoncer à défendre cette autorité lorsqu'elle est légitimement exercée.
Nous ne pouvons pas non plus demander toujours davantage à ceux qui nous protègent sans leur donner les moyens matériels, humains et juridiques d'accomplir correctement leur mission.
Comment une société qui ne donne pas à ceux qui sont chargés de la protéger les moyens de travailler correctement pourrait-elle être garante de la sécurité de ses concitoyens ?
La question dépasse largement la police ou les pompiers. Elle concerne notre rapport à l'autorité, à la règle et, finalement, à nos institutions. À force d'affaiblir ceux auxquels nous confions la responsabilité de faire respecter nos règles, c'est la confiance de nos concitoyens dans l'État que nous fragilisons.
La sécurité n'est ni de droite ni de gauche
Il ne s'agit pas de réclamer davantage d'autorité pour le principe. La sécurité n'est ni de droite ni de gauche. Elle est une condition de la liberté.
Pour travailler sereinement, il faut se sentir en sécurité. Pour étudier sereinement, il faut se sentir en sécurité. Pour prendre les transports, rentrer chez soi, ouvrir son commerce, sortir avec ses amis ou simplement profiter de l'espace public, il faut se sentir en sécurité.
La liberté ne consiste pas seulement à avoir des droits. Elle suppose aussi de pouvoir les exercer sans peur.
Redonner du respect à celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour la sécurité de tous, c'est donc aussi redonner de la confiance à nos concitoyens. Cela passe par des moyens, par une réponse ferme lorsque ceux qui nous protègent sont pris pour cible, mais également par les paroles et les symboles que nous transmettons.
Les modèles que notre société valorise
Les rêves des enfants ont changé et continueront de changer. C'est naturel. Notre rôle n'est pas de décider à leur place de ce qu'ils devront admirer ou devenir. Mais nous pouvons nous interroger sur les modèles que notre société valorise.
Quand un enfant disait qu'il voulait devenir pompier ou policier, il exprimait peut-être, sans le savoir, quelque chose de beaucoup plus profond qu'un choix de métier : l'envie de protéger les autres et de se rendre utile.
Redonnons du respect à ceux qui nous protègent. Redonnons-leur les moyens d'accomplir leur mission. Et redonnons de la confiance à nos concitoyens.