Thierry Clair, secrétaire général d'UNSA Police : «Notre syndicalisme est un syndicalisme d'action, pas d'incantation»

TRIBUNE — Thierry Clair, secrétaire général de l'UNSA Police et de la FASMI, réagit à l'annonce par Alliance Police Nationale de la fin du partenariat syndical qui liait les deux organisations depuis 2022. Il défend un syndicalisme de "technicité, d'action et de négociation" face à ce qu'il qualifie de dérive politique.
Thierry Clair, secrétaire général d'UNSA Police : «Notre syndicalisme est un syndicalisme d'action, pas d'incantation»
Thierry Clair est le secrétaire général de l'UNSA Police et de la FASMI.
Par Thierry Clair
Le jeudi 26 mars 2026 à 10:55

Le syndicat Alliance et les organisations de la CFE-CGC ont annoncé la fin de notre partenariat. Si nous prenons acte de ce choix, il nous appartient d'expliquer pourquoi, pour l'UNSA Police et la FASMI, cette séparation est avant tout une clarification salutaire pour l'avenir de notre profession.

Protéger le policier, ce n'est pas haranguer la foule

Certains prétendent aujourd'hui que le syndicalisme doit guider le peuple ou sauver un pays gangréné, cette vision n'est pas la nôtre. À l'UNSA Police et à la FASMI, nous considérons que notre mission première est de défendre les droits, les conditions de travail et la dignité de nos collègues.

Le mélange des genres entre action syndicale et posture politique est un danger. Appeler à des rassemblements aux côtés de personnalités politiques, à quelques semaines d'échéances électorales, sous peine de "comptabiliser les absents", transforme notre outil de défense en tribune partisane. Nous refusons que la banderole syndicale serve de décor à des ambitions personnelles qui ne servent pas la cause.

L'efficacité plutôt que l'illusion

On nous accuse d'un manque de "combat". Pourtant, les faits sont têtus. Les avancées concrètes de ces trois dernières années — l'obtention des primes pour les Jeux Olympiques, l'application du protocole RH 2022, ou encore les boycotts stratégiques d’instances — ont été portées par notre union.

Mais un partenariat n'a de sens que s'il est loyal. On ne peut pas imposer des mobilisations unilatérales, sans échange préalable, sur des mots d'ordre flous, et s'étonner ensuite d'une absence de suivi. Le syndicalisme de l'UNSA Police et de la FASMI est un syndicalisme de technicité, de négociation et d'action, pas un syndicalisme d'incantation.

La sérénité face aux urnes

À neuf mois des élections professionnelles, nous sommes sereins. Notre force ne dépend d'aucune fusion technique électorale, mais de notre identité de proximité. Se priver de l'apport décisif de l'UNSA Police et de la FASMI, c'est accepter un leadership désormais bien plus précaire.

Aux collègues qui refusent de voir leur engagement instrumentalisé : votre place est avec nous. Nous continuerons d’agir ensemble, dans un esprit de responsabilité et d'indépendance, au service exclusif des policiers et des agents du ministère de l'Intérieur.

L'indépendance n'est pas un repli, c'est une protection.