Le mercredi 3 juin 2026 à 10:28
Un policier de 24 ans a été condamné, ce mardi 2 juin, à deux ans de prison dont quatorze mois ferme, par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir braqué un automobiliste avec son arme alors qu'il était hors service, samedi soir, en marge des célébrations du sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Incarcéré immédiatement, le fonctionnaire s'est également vu interdire le port d'une arme pendant cinq ans. Un second homme comparaissait à ses côtés.
C'est samedi soir, peu avant 22 heures, que la scène s'est nouée quai des Grands-Augustins, dans le VIe arrondissement de Paris, à deux pas du Pont-Neuf. Deux amis fêtaient le titre parisien à bord de leur véhicule, drapeaux brandis, quand ils ont marqué l'arrêt à un feu rouge. Le policier, hors service et en état d'ivresse, s'est alors mis en travers de leur route avant de sortir son arme, sans se désigner comme policier ni mettre de brassard, puis de braquer le conducteur.
Une arme braquée à un feu rouge
"Il a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans mettre de brassard, et il a braqué mon ami au volant, et lui a dit de couper le contact en l'insultant", ont raconté les deux victimes, Brandon et Redda, au micro de BFMTV. Les deux hommes ont par ailleurs affirmé avoir fait l'objet de propos racistes.
Un autre homme, porteur d'une cagoule policière, se trouvait aux côtés du fonctionnaire. Des gendarmes présents à proximité ont rapidement interpellé les deux individus et les ont placés en garde à vue.
Déférés, ils ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Paris. Erwan M. était poursuivi pour "violences avec arme sans ITT", "port d'arme" et "violences en réunion". À ses côtés, Rayan B. répondait de "violences en réunion sans ITT".
Le policier invoque l'ivresse et la peur
À l'audience, le policier a d'abord affirmé ne se souvenir de rien. "J'étais ivre, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça", a-t-il déclaré. Il a ensuite reconnu avoir pointé son arme de service en direction d'un automobiliste, évoquant un prétendu refus d'obtempérer pour justifier son geste. "J'ai eu peur pour ma vie", a-t-il lancé, rapporte RTL. Interrogé sur les propos racistes dénoncés par les victimes, il s'est défendu en assurant avoir "un ami arabe".
Au terme de l'audience, Erwan M. a écopé de deux ans d'emprisonnement, dont dix mois avec sursis. Les quatorze mois ferme sont assortis d'un mandat de dépôt et d'une incarcération immédiate. Le tribunal a par ailleurs prononcé une obligation de soins et lui a retiré le droit de porter une arme durant cinq ans. L'IGPN mène encore des investigations complémentaires et le fonctionnaire risque une interdiction définitive d'exercer son métier.
Plusieurs condamnations après le week-end de violences
Cette condamnation s'inscrit dans le bilan judiciaire du week-end. Au total, samedi et dimanche, plus de 890 interpellations ont été recensées, en hausse de plus de 45% par rapport à 2025, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. À Paris, 225 personnes majeures ont été placées en garde à vue et le parquet a fait état de 112 présentations à la justice, dont 34 en comparution immédiate.
La veille, d'autres prévenus avaient déjà été jugés. Âgé de 22 ans, Raphaël D. a été condamné à douze mois dont six avec sursis : poursuivi pour outrage et violences sur un policier après un doigt d'honneur adressé à des fonctionnaires place Saint-Michel, il a vu les faits requalifiés en rébellion. Amer K., 19 ans, dans le véhicule duquel des mortiers, un taser et des couteaux avaient été retrouvés, a écopé de dix mois avec sursis et d'un retrait du droit de porter une arme pour cinq ans, pour transport d'armes et détention d'explosifs. Enfin, un Algérien de 20 ans installé en Espagne, Hichem S., a été condamné à la même peine, doublée d'une interdiction du territoire français de cinq ans, pour le vol présumé du collier d'un supporter et des violences sur un policier.