Assassinat d’Hervé Gourdel, décapité en Algérie : huit djihadistes condamnés à mort


Hervé Gourdel avait été enlevé le 21 septembre 2014 en Algérie par des djihadistes, avant d'être décapité. (photo Gongashan/Flickr)

Le Français Hervé Gourdel a été enlevé et décapité en 2014 par des djihadistes en Algérie, qui avaient filmé cet atroce assassinat. Huit personnes ont été condamnées à mort ce jeudi, dont sept par contumace.


Le procès de l’assassinat d’Hervé Gourdel a débuté ce mardi au tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d’Alger. La compagne du défunt, Françoise Grandclaude, a assisté au jugement raconte Le Monde. Le principal accusé, Abdelmalek Hamzaoui, 36 ans, un des ravisseurs présumés du Français, a nié avoir participé à cet enlèvement et cet assassinat.

Il a malgré tout été condamné à la peine capitale, comme le parquet l’avait réclamé. Sept autres djihadistes ont écopé de la même sentence, malgré leur absence. A noter que l’Algérie applique un moratoire sur la peine de mort depuis 1993. Ce procès avait été reporté à cause de l’état de santé d’Abdelmalek Hamzaoui, venu dans un fauteuil roulant et une équipe médicale. L’homme était surveillé par les forces spéciales de la gendarmerie durant l’audience.

Les accompagnateurs acquittés

Les cinq accompagnateurs du guide français et un sixième prévenu, poursuivis pour ne pas avoir informé à temps les autorités du rapt, ont quant à eux été acquittés. Ces derniers se sont défendus en expliquant qu’ils avaient donné l’alerte à la première caserne militaire, située à 12 kilomètres du lieu de l’enlèvement. Le parquet avait requis trois ans de prison ferme et une amende de 100 000 dinars (620 euros) à leur encontre. Par ailleurs, quatre d’entre eux ont formellement reconnu M. Hamzaoui comme étant l’un des ravisseurs.

Ce dernier, membre présumé de Jund al-Khilafa – un groupe terroriste affilié à l’organisation Etat islamique (EI) qui avait revendiqué l’assassinat – avait été arrêté peu après la mort du Français.


Hervé Gourdel, 55 ans, était pédagogue et formateur de guides de montagne. Originaire de Nice (Alpes-Maritimes), il était également passionné d’aventure. Le quinquagénaire s’était déplacé en Algérie à l’invitation de ses hôtes et accompagnateurs, pour explorer un nouveau site d’escalade dans le massif touristique du Djurdjura. Il avait été kidnappé le 21 septembre 2014.

La vidéo de la décapitation diffusée trois jours après le rapt

Le groupe terroriste avait ensuite menacé de le tuer, si la France ne cessait pas ses frappes contre Daech en Irak. Trois jours plus tard, la vidéo de la décapitation de la victime avait été diffusée, provoquant une vive émotion en France mais également en Algérie. L’armée algérienne avait déployé près de 3000 soldats qui avaient découvert la dépouille du Français à une vingtaine de kilomètres du lieu de l’enlèvement rappelle le quotidien.

« Maintenant, je peux tourner la page. Je peux faire mon deuil », a déclaré la femme du défunt, à la sortie du tribunal.