Attaque à la préfecture à Paris : le tueur adhérait à une «vision radicale de l’islam»


Illustration. (photo Remy Buisine ©)

Dans une conférence de presse, Jean-François Ricard, le procureur de la République antiterroriste a évoqué la « radicalisation latente » du tueur. L’homme a acheté deux couteaux en métal, moins d’une heure avant l’attaque, qu’il a dissimulé pour rentrer dans la préfecture de police.

Le procureur de la République antiterroriste est revenu sur le parcours et la méthode employée par l’assaillant, Mickaël Harpon, après avoir rendu hommage aux victimes et au jeune policier qui a abattu le tueur.

L’adjoint administratif est arrivé à la préfecture de police à 08h58, normalement, pour prendre son service. Il s’est rendu à 12h18 dans un magasin situé rue Saint-Jacques à Paris où il a acheté deux couteaux métalliques, l’un de 33 cm avec une lame de 20 cm, ainsi qu’un couteau à huitre.

Un détour pour dissimuler les 2 couteaux qu’il venait d’acheter

Il a ensuite fait un « détour » au cours duquel il a « dissimulé sur lui les couteaux qu’il venait d’acheter ». Son comportement ne « trahissait aucune fébrilité », a précisé le procureur. Le tueur est ensuite rentré dans la préfecture de police. De retour à 12h51 à son bureau, il s’est alors rendu dans le second bureau où se trouvait deux policiers qui mangeaient.

Une scène d’une « extrême violence »

Le major de police de 50 ans a été égorgé par le tueur. La seconde victime, un gardien de la paix de 38 ans, a reçu de « multiples coups de couteau » au thorax et à l’abdomen a indiqué le magistrat, qui évoque une scène d’une « extrême violence ».


Un adjoint administratif de 37 ans a ensuite été lui aussi poignardé à mort dans un autre bureau. L’assaillant a alors tenté de pénétrer dans un local qui était fermé, où se trouvait trois autres fonctionnaires, en vain. Il a poursuivi son parcours.

Une victime grièvement blessée à la gorge, ses jours ne sont plus en danger

Dans l’escalier menant à la cour de la préfecture, il a poignardé une gardienne de la paix de 39 ans qui est décédée des suites de ses blessures. Il a ensuite attaqué une adjointe administrative qui a été grièvement blessée à la gorge. Son pronostic vital n’est plus engagé a précisé Jean-François Ricard.

L’assaillant s’est ensuite retrouvé face à une personne « qui a tenté de le raisonner ». Un gardien de la paix lui a alors demandé de poser son arme à plusieurs reprises. Le tueur « avançait lentement et s’est mis à courir » vers le policier, qui a ouvert le feu à deux reprises « pour le neutraliser ».

« Des contacts entre [lui] et certains individus de la mouvance salafiste »

Il adhérait à une « vision radicale de l’islam », a dit le procureur. Il était converti à l’islam depuis une dizaine d’années. Il y aurait eu « des contacts entre [lui] et certains individus de la mouvance salafiste », a-t-il ajouté.

Les premières investigations ont relevé son « approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion », « son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes », « sa justification » des attentats de Charlie Hebdo en 2015, « son changement d’habitude vestimentaire depuis quelques mois », a expliqué le procureur antiterroriste.

Au total, l’attaque du tueur a duré 7 minutes.

33 SMS « exclusivement religieux »

Auparavant, entre 11h21 et 11h50, Mickaël Harpon a échangé 33 SMS avec sa femme. Des propos « exclusivement religieux ». L’un se terminait par « Allah Akbar », un autre par : « Suit notre prophète bien-aimé Mohamed et médite le Coran ».