Attaque à la préfecture à Paris : le tueur avait légitimé les attentats de 2015 selon des témoins


Illustration. (photo Remy Buisine ©)

Les enquêteurs disposent de nombreux éléments étayant la piste terroriste, notamment des témoignages.

Au lendemain de l’attaque au couteau qui a fait 4 morts et une blessée grave dans la préfecture de police de Paris, l’enquête avance à grands pas. Le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête ce vendredi, après l’apparition de nouveaux éléments.

Plusieurs personnes auditionnées par les policiers ont indiqué que Mickaël Harpon avait légitimé les attentats de 2015 à Paris. En outre, le tueur s’était converti à l’islam en 2008 selon une source proche de l’enquête citée par BFMTV, et non depuis seulement 18 mois.

Les enquêteurs ont aussi exploité le téléphone d’un individu dont l’identité reste inconnu pour l’heure. Des échanges suspects avec le tueur ont été constatés.

De plus, l’assaillant a eu des liens avec un prédicateur d’une mosquée du Val-d’Oise, connu de la DGSI écrit Le Parisien. C’est ce que les enquêteurs ont découvert en analysant le téléphone de Mickaël Harpon.


« Seul Dieu te jugera, Allah akbar »

Ce dernier a également communiqué avec sa femme peu avant l’attaque, par SMS. Il a évoqué avec elle le couteau en céramique muni d’une lame de 33 cm, qu’il venait d’acheter. Elle lui aurait alors répondu en substance : « Seul Dieu te jugera, Allah akbar » indique Le Parisien.

Des pressions sur des policiers de la DRPP ?

D’autre part, et comme nous l’avions évoqué dès jeudi, le tueur aurait refusé d’embrasser ses collègues féminines jeudi matin explique le quotidien francilien, citant un policier. Sous couvert d’anonymat, plusieurs fonctionnaires affectés à la DRPP affirment avoir reçu des pressions afin qu’ils ne révèlent rien des alertes passées sur le comportement de Mickaël Harpon, précise le journal.

Plusieurs des policiers concernés ont évoqué le sujet auprès des enquêteurs de la brigade criminelle lors de leurs auditions, refusant que leurs propos apparaissent dans leur procès-verbal. Le comportement de ce fonctionnaire avait en tout cas attiré plusieurs fois l’attention.

Mickaël Harpon était en charge de la maintenance des ordinateurs des centaines de policiers de la DRPP, avait accès aux données sensibles du service et était habilité « secret-défense ». A-t-il communiqué des informations ? Si oui, à qui ? De nombreuses questions restent en suspens. Les investigations se poursuivent et déjà, la piste d’une attaque terroriste se dessine.