Attaque de Romans-sur-Isère : une information judiciaire ouverte, l’assaillant a été mis en examen


Des enquêteurs de la police judiciaire à Romans-sur-Isère, peu après l'attaque au couteau le 4 avril 2020. (photo ALEX MARTIN/EPA/Newscom/MaxPPP)

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire des chefs d’assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste après l’attaque du samedi 4 avril, à Romans-sur-Isère (Drôme), qui a fait deux morts et cinq blessés.

Mise à jour 17h05 : Abdallah Ahmed-Osman a été mis en examen pour assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste annonce le PNAT.

Dans un communiqué ce mercredi, le Parquet national antiterroriste a annoncé ce mercredi avoir « décidé d’ouvrir une information judiciaire des chefs d’assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». L’enquête a été confiée à des juges d’instruction.

Le parquet a dans le même temps précisé que « les premières investigations tendent à démontrer que l’assaillant, (Abdallah Ahmed-Osman, ndlr) aurait agi seul, sans avoir été commandité par une organisation terroriste ». « Le mis en cause sera présenté, ce jour, à un juge d’instruction antiterroriste afin d’être mis en examen. Le Parquet national antiterroriste prendra des réquisitions de placement en détention provisoire à son encontre », peut-on lire dans ce communiqué.

« Un périple meurtrier d’environ 300 à 400 mètres et durant une quinzaine de minutes »

Concernant les faits, le PNAT a expliqué que le jour de l’attaque, ce samedi 4 avril, « à compter de 10H41, le mis en cause attaquait successivement avec un couteau sept victimes dans les commerces et rues du centre-ville de Romans-sur-Isère, suivant un périple meurtrier d’environ 300 à 400 mètres et durant une quinzaine de minutes ».


Abdallah Ahmed-Osman, armé d’un couteau à cran d’arrêt, a d’abord attaqué un couple de buralistes dans leur commerce, où il avait pris l’habitude de se rendre régulièrement. « Le commerçant, né en 1955, a reçu des coups de couteau à la poitrine et au flanc droit, il est toujours hospitalisé dans un état stable. Son épouse, née en 1971, présente des plaies non perforantes aux bras et aux côtes, justifiant 4 jours d’ITT », indique le PNAT.

L’assaillant a ensuite pénétré dans la boucherie Breyton située au 1 cours Pierre Didier, où il a dérobé un couteau de boucher. Il a alors poignardé à mort un client né en 1965. « Plusieurs plaies, notamment thoraciques, étaient constatées », détaille le communiqué.

Un homme tué sous les yeux de son fils de 12 ans

200 à 300 mètres plus loin du commerce, le tueur a blessé un piéton né en 1961, d’un coup de couteau dans le dos. Peu avant, l’assaillant l’avait croisé et lui avait demandé s’il était maghrébin. La victime avait répondu qu’elle était Française avant de poursuivre son chemin. Après l’avoir dépassée, Abdallah Ahmed-Osman s’est retourné et l’a poignardée dans le dos selon Le Monde. L’homme a reçu ce coup de couteau au 12 cours Pierre Didier, il s’est vu attribuer 3 jours d’Incapacité totale de travail.

Abdallah Ahmed-Osman a ensuite attaqué et tué un homme né en 1976 qui était en train d’ouvrir ses volets, rue Guillaume. « Deux plaies principales au thorax et à l’abdomen étaient relevées », a mentionné le parquet. La victime a été tuée sous les yeux de son fils de 12 ans selon le quotidien.

C’est ensuite un piéton né en 1957, qui a été blessé devant le 4 rue Guillaume. Ce dernier présentait une plaie au thorax et une autre à l’estomac, toujours selon le PNAT. L’homme est toujours à l’hôpital, dans un état stable. La dernière victime de l’assaillant se trouvait au niveau du 5 boulevard Max Dormoy lorsqu’elle a été attaquée. Née en 1972, elle est elle aussi toujours hospitalisée dans un état stable.

Le tueur a affirmé ne se souvenir de rien

Au cours de sa garde à vue, Abdallah Ahmed-Osman a affirmé qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé selon plusieurs sources concordantes. Lors de la perquisition réalisée à son domicile, les enquêteurs ont découvert « des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants ». Des documents qui auraient été « a priori », écrit par l’assaillant.

Six téléphones, dont cinq anciens appareils non exploitables, ont également été saisis dans le logement.

Les deux autres suspects remis en liberté

Le mis en cause qui est « né en 1987 au Soudan », est « arrivé en France en août 2016 et a obtenu le statut de réfugié en juin 2017 ». Il bénéficie d’un titre de séjour courant jusqu’au 31 juillet 2027.

Les deux autres suspects qui avaient été placés en garde à vue, un réfugié soudanais de 28 ans, et un troisième ressortissant soudanais, ont été remis en liberté. Ils ne font pas l’objet de poursuites.