Aube : Une cinquantaine de Tchétchènes font une expédition punitive dans un foyer de migrants


Un foyer de migrants, situé sur l'ancien site du Fast Hotel de Barberey-Saint-Sulpice, a été pris d'assaut par une cinquantaine de Tchétchènes. (photo Google)

Une victime, ancien militaire, assure avoir vécu « une scène de guerre ». Environ cinquante ressortissants tchétchènes ont fait irruption dans un foyer de migrants pour en découdre.


L’assaut sur le foyer de migrants de Barberey-Saint-Sulpice (Aube) a été donné dans la nuit de vendredi à samedi. Une cinquantaine d’homme armés ont fondu simultanément sur le site de l’ancien Fast Hôtel, devenu foyer pour migrants.

Ils ont couru vers les Africains « pour tuer », témoigne auprès de L’Est Éclair l’un des agents de sécurité de l’établissement, qui a connu la guerre durant son ancienne carrière de militaire.

Des bâtons, des couteaux, des barres de fer

À une patrouille de gendarmerie qui venait de passer pour savoir si tout allait bien, il avait répondu par l’affirmative. Mais en une fraction de seconde, la situation a basculé. L’agent a immédiatement fait appel au « 17 », « J’ai dit “envoie du renfort, c’est la guerre” », a-t-il confié.

Et pour cause, les assaillants étaient déchaînés et armés de bâtons, de battes de baseball, de barres de fer et de couteau. Des coups ont été échangés entre Tchétchènes et Africains. L’agent de sécurité, aidé de son collègue, est parvenu à cacher l’un des résidents qui était particulièrement recherché par les agresseurs.


Un coup de barre de fer sur le crâne

En repartant aussi vite qu’ils étaient venus, les assaillants ont lancé à l’agent de sécurité qu’il devait être de leur côté plutôt que de celui des Africains. Il a ensuite reçu un coup de barre de fer sur le crâne puis l’épaule. Sérieusement blessé mais encore conscient, l’employé a vu les gendarmes arriver, suivis des secours.

Au final, quatre victimes ont été recensées : les deux agents de sécurité et deux résidents africains. L’un de ces derniers a reçu un coup d’arme blanche à la poitrine. Les gendarmes ont interpellé trois Tchétchènes, tandis que les autres ont pu s’enfuir.

Des tensions depuis la veille

L’expédition punitive ferait suite à un événement survenu la veille et qui avait poussé la direction du foyer à employer les deux agents de sécurité. La tension était palpable depuis lors. La veille de ces violences, un enfant avait fait irruption sur un terrain de football durant un match entre migrants africains. Il avait été poussé à quitter les lieux.

Plusieurs rixes ont eu lieu

Son père, d’origine Tchétchène, avait demandé du renfort à ses amis et plusieurs rixes avaient éclaté sur place jeudi et vendredi, jusqu’à cette expédition punitive en pleine nuit. Depuis cet affrontement, le Fast Hôtel n’accueille plus de migrants et les résidents ont été évacués vers d’autres centres. Une enquête est en cours pour tenter d’identifier les assaillants.