Cévennes : «Il était extrêmement affaibli, hagard», Valentin Marcone s’est excusé lorsqu’il s’est rendu


350 gendarmes avaient été déployés pour retrouver Valentin Marcone qui s'est rendu ce jeudi soir. (PhotoPQR/Le Midi Libre/Maxppp)

Le procureur de la République de Nîmes Éric Maurel et le commandant de la région de gendarmerie PACA Arnaud Browaeys, sont revenus sur la reddition du meurtrier présumé, Valentin Marcone, ce vendredi soir, lors d’une conférence de presse.

« Il était extrêmement affaibli, hagard », a détaillé Arnaud Browaeys, le commandant de la région de gendarmerie PACA. Valentin Marcone, 29 ans, était recherché depuis mardi matin, après qu’il a tué par balles son patron et l’un des employés avec qui il travaillait dans une scierie du village des Plantiers (Gard). Les gendarmes craignaient que le fugitif, passionné d’armes à feu, fasse de nouvelles victimes. Un appel à témoins avait été diffusé dans lequel il était précisé qu’il était « dangereux ».

350 gendarmes et huit hélicoptères avaient été déployés pour retrouver le tueur présumé. Une « forte pression a été exercée sur lui » par la forte présence des militaires a rappelé Arnaud Browaeys. Valentin Marcone s’est rendu à 19h15. « Sentant probablement une équipe s’approcher, il a quitté sa cache, est redescendu vers son domicile puis s’est rendu à la première patrouille de gendarmes qui s’est présentée », a expliqué le commandant des opérations. Sa planque était sur le point d’être découverte.

« Excusez-moi, je me rends, excusez-moi, je me rends », a répété le fugitif aux deux militaires sur qui il est tombé. Les deux gendarmes, un homme et une femme, ne travaillaient pas ce vendredi mais avaient décidé de participer aux recherches avec leurs collègues pour « apporter leur aide ».

« A ce stade, je pense qu’il n’avait pas de nourriture »

« Il a fallu lui donner à boire et à manger », a ajouté Arnaud Browaeys, décrivant un individu très affaibli. « Notre intention était de ne pas lui permettre de quitter son abri. Ce n’était pas la seule hypothèse, mais c’était la principale ». « Il avait abandonné tout espoir de s’en sortir normalement, vivant », a souligné le gendarme. Par ailleurs, le travail des chiens de Saint-Hubert s’est révélé déterminant. « Les différents chiens ont marqué une zone dans laquelle nous l’avons retrouvé », a-t-il révélé. Un ratissage du GIGN était en cours au moment où le suspect a quitté sa cache.

Valentin Marcone n’avait aucune arme avec lui lorsqu’il a été interpellé. Il a communiqué aux gendarmes l’endroit où il avait caché les deux armes qu’il avait emportées. Il s’agissait d’une arme de poing, celle qu’il aurait utilisée pour tuer les deux victimes, ainsi que d’un fusil à lunettes permettant des tirs à longue portée. « A ce stade, je pense qu’il n’avait pas de nourriture », a ajouté Arnaud Browaeys.

Les forces de l’ordre n’ont rien retrouvé dans sa cache, composée d’une « couche de branchages ». L’enquête devra déterminer s’il a passé les quatre jours à cet endroit ou s’il a été mobile durant ce laps de temps. Sa planque se trouvait en tout cas non loin de son domicile, près de l’église de Saint-Marcel de Fontfouillouse.

Le tueur présumé a été placé en garde à vue pour « assassinats » a annoncé le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel. Il n’a pas encore été auditionné.