Colère dans la police : la technique dite de «l’étranglement» reste autorisée en attendant de trouver une alternative


Des policiers rassemblés à l'Arc de Triomphe dans la nuit de samedi à dimanche pour manifester leur mécontentement. (photo Actu17 ©)

Dans une note ce lundi, le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, annonce que la technique dite de « l’étranglement » reste autorisée jusqu’à qu’une autre méthode puisse être trouvée.

Le ministère de l’Intérieur a décidé d’accéder à l’une des demandes des syndicats de policiers ce lundi, une semaine après les annonces de Christophe Castaner qui ont mis le feu aux poudres. Les policiers ont depuis manifesté leur colère à de nombreuses reprises, partout en France.

« La technique dite de « l’étranglement » ne sera dorénavant plus enseignée dans les écoles de police », a écrit le DGPN dans une note publiée ce lundi. « Un groupe de travail sera installé mercredi prochain pour définir une technique de substitution permettant aux policiers d’agir dans les meilleurs conditions possibles de sécurité physique et juridique », ajoute-t-il. « Il rendra ses conclusions avant le 1er septembre 2020 ».

« Dans l’attente de la définition d’un nouveau cadre et dans la mesure où les circonstances l’exigent (excitation et/ou agressivité de la personne qui résiste physiquement à l’interpellation, menaces à l’égard des policiers ou de tiers par exemple), la technique dite de « l’étranglement » (également appelée « contrôle tête », ndlr) continuera d’être mis en œuvre avec mesure et discernement et sera remplacée au fur et à mesure de la formation individuelle dispensée, sur la base des résultats du groupe de travail », détaille Frédéric Veaux.

La « prise arrière », « toujours enseignée et appliquée »

Le DGPN précise ensuite que la technique de la « prise arrière », « pour immobiliser la personne debout ou l’entraîner au sol afin de la menotter est toujours enseignée et appliquée ».


Le directeur central du recrutement et de la formation de la police nationale, Philippe Lutz, avait publié une note ce vendredi à ce sujet. Cette technique « permet le contrôle du haut du corps aux fins d’immobilisation debout, ou le déséquilibre de la personne à maîtriser, afin de l’amener au sol », peut-on lire.

« Elle consiste à apposer brièvement le méplat de l’avant-bras sur la trachée, sans pression, pour susciter une réaction réflexe de la personne qui se manifeste par l’apposition des mains au niveau de l’avant-bras du policier, dans le seul but de faciliter le déséquilibre de la personne à maîtriser afin de l’amener au sol pour finaliser le menottage », mentionne cette note. « Cette technique s’accompagne d’un maintien du haut du corps et permet de préserver l’axe tête-cou-tronc ».