Coronavirus : 30% des malades ne sont pas détectés par les tests actuels


Un prélèvement selon la technique dite RT-PCR, pour le dépistage du Covid-19. (photo Aetc.af.mil / Brooke Moeder)

Selon des estimations, il existe une importante marge d’erreur lors des tests pratiqués actuellement pour déceler le Covid-19. La fiabilité de ces tests n’est toutefois pas remise en cause.

« Sur 100 patients que vous testez, il y en a 30 à côté desquels vous passez », explique à L’Express François Blanchecotte, président du Syndicat français des biologistes. Ces cas, qui sont appelés des « faux négatifs », ne seraient pas dû à une défaillance des tests en eux-mêmes, mais s’expliquent souvent par un mauvais prélèvement. La sensibilité du test est de « 98% quand on prélève correctement », précise le docteur.

Des malades qui ne sont pas détectés

Les patients ainsi déterminés comme négatifs au Covid-19 alors qu’ils sont malades ne s’isolent donc pas comme ils le devraient, alors qu’ils sont contagieux. Un cas a particulièrement été commenté en France. C’est celui de l’adolescente de 16 ans qui est décédée à la fin du mois de mars du Covid-19. Elle avait été testée négative à deux reprises, avant d’être finalement déclarée porteuse du coronavirus.

La technique dite « RT-PCR »

La mauvaise manipulation peut se produire lors de la mise en pratique de la technique dite RT-PCR. C’est une méthode d’amplification du matériel génétique du virus, relate L’Express. Le praticien doit prélever le virus dans les sécrétions du malade en introduisant profondément un écouvillon (sorte de long coton-tige, ndlr) dans son nez.

L’écouvillon doit être introduit « assez loin, pas juste à l’entrée du nez », précise le Dr Andrew Preston, de l’université de Bath (Angleterre). La méthode est désagréable pour le patient, mais il faut impérativement traverser les fosses nasales et aller buter jusqu’à la partie supérieure du pharynx pour que le prélèvement soit valable. Il est à noter que certains pays pratiquent le prélèvement par la bouche. Là aussi, il s’agit d’atteindre le fond de la gorge avec l’écouvillon.


Un autre facteur d’échec

Certains experts se disent ainsi méfiants quant aux prélèvements effectués en drive-in, lorsque le patient doit rester dans sa voiture.

Un autre facteur d’échec est le moment de réalisation du prélèvement. « La quantité de virus peut varier selon le patient et le stade de l’infection », explique le Dr Al Edwards, de l’université de Reading (Angleterre), qui précise que même un prélèvement parfait effectué « très tôt » ou « tout à la fin de la maladie » pour produire un faux négatif.