Coronavirus : Olivier Véran évoque une «situation à risques» et rappelle que l’épidémie «ne s’est jamais arrêtée»


Le ministre de la Santé Olivier Véran le 13 mars 2020. (photo IP3 PRESS/MAXPPP)

Le ministre de la Santé indique que la circulation du coronavirus qui « s’accélère encore chez les plus jeunes » dans le pays.

« Nous sommes dans une situation à risques » face à la pandémie de Covid-19, a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche. Les autorités craignent une transmission du coronavirus des plus jeunes, les plus touchés actuellement par la maladie, vers les personnes plus âgées qui sont plus vulnérables.

Selon un bilan diffusé sur le site du gouvernement, 3602 nouveaux cas positifs ont été enregistrés samedi, contre 4 586 vendredi et 4 771 jeudi.

Le ministre a donné des précisions concernant la circulation du coronavirus dans le pays, qui fait face à un rebond depuis plusieurs jours. « Le virus circule quatre fois plus chez les moins de 40 ans que chez les plus de 65 ans », a-t-il indiqué dans cet entretien, précisant que « la majorité des transmissions se fait désormais dans des situations festives des plus jeunes, où les gestes barrière ne sont pas respectés ».

« Aucun argument scientifique ne vient étayer » la théorie d’un virus « moins dangereux »

« Le Covid qui se propage est le même que celui qui a coûté la vie à 30 000 Français. Seul le profil des malades a changé, plus jeune et donc moins symptomatique », a déclaré Olivier Véran.


Il met en garde : « Il faut à tout prix éviter cette situation qui mettrait en tension notre système sanitaire et serait extrêmement problématique », car « aucun argument scientifique ne vient étayer » la théorie d’un virus « moins dangereux ». « Le Covid qui se propage est le même que celui qui a coûté la vie à 30 000 Français. Seul le profil des malades a changé, plus jeune et donc moins symptomatique ».

De nouvelles mesures pour les Bouches-du-Rhône

Le ministre de la Santé a cité en exemple le cas des Bouches-du-Rhône, qui est l’un des huit départements où le niveau de vulnérabilité est élevé.

Dans ce territoire, « où on a 188 nouveaux cas pour 100 000 personnes de 20 à 40 ans, on constate depuis trois semaines que les tests positifs augmentent chez les seniors », a-t-il souligné. « Le passage entre les publics se fait déjà. Et on constate à nouveau une augmentation des entrées en hospitalisation et réanimation ».

« De nouvelles mesures seront prises rapidement » dans ce département, a-t-il annoncé, précisant que le Premier ministre a tenu une réunion avec les ministres concernés à ce sujet.

« Un reconfinement pas à l’ordre du jour »

Se voulant rassurant sur les capacités d’accueil des hôpitaux, Olivier Véran a déclaré : « Nous sommes capables d’accueillir jusqu’à 29 000 malades en réanimation ».  « On avait eu au total 17 000 passages en réanimation lors de la vague épidémique du printemps », a-t-il rappelé.

Aussi, une mesure de reconfinement général « n’est pas à l’ordre du jour et ne constitue pas une hypothèse de travail » car « nous pouvons mettre en place des mesures spécifiques, territorialisées, comme nous l’avons fait avec succès en Mayenne ». « Et puis il y a et il va y avoir encore plus de contrôles et de sanctions », a prévenu le ministre dans cet entretien fleuve.

Le ministre a également évoqué la rentrée scolaire. Il faut veiller « à définir et mettre en place toutes les règles et protocoles nécessaires pour que la rentrée puisse se dérouler dans les meilleures conditions », a-t-il indiqué, estimant que « ces risques sont bien inférieurs à ceux qu’on ferait courir aux enfants en les privant d’école pendant des semaines ».

Questionné au sujet des masques, il a affirmé que « fin septembre, on aura reconstitué le fameux stock national de masques qui nous a tant manqué ».