Le vendredi 23 octobre 2026 à 19:42 - MAJ vendredi 23 octobre 2026 à 20:21
Le parquet national antiterroriste (PNAT) a détaillé ce vendredi soir le parcours meurtrier de l'homme né en 1987 soupçonné d'avoir ouvert le feu sur six sites différents à Trappes et à La Verrière (Yvelines), faisant un mort et cinq blessés dont l'état de santé n'est pas stabilisé. Dans un communiqué, le parquet indique que l'appartement du suspect était piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Un membre de son entourage familial a également été placé en garde à vue.
Les investigations menées dans le cadre de l'enquête de flagrance ont permis d'établir le déroulement des faits "en l'état", précise le PNAT, "la chronologie entre chacun de ces faits devant être clarifiée par les investigations à venir". Vers 10 heures, "un individu ouvrait le feu depuis son véhicule Renault Clio, à l'aide d'une arme automatique au niveau du 34, avenue Hector Berlioz à Trappes en direction d'un véhicule stationné dans lequel se trouvaient une mère et sa fille", indique le communiqué. Rue Gérard Philipe, devant la Maison de santé, "il tirait sur la façade sans faire de blessés".
Square Louis Pergaud, à Trappes, "il tirait en direction d'un homme, qu'il blessait mortellement", poursuit le parquet. À la station-service du boulevard Martin Luther King, "il ouvrait le feu à nouveau et blessait deux personnes".
À La Verrière, le tireur, "poursuivant sa route" selon le PNAT, a blessé deux personnes par arme à feu devant la pharmacie Bois de l'Étang, rue Émile Dureuil. Au 11, rue Marcel Rivière, "il blessait une dernière personne en usant à nouveau de son arme", détaille le communiqué.
«Un dispositif de piégeage de son appartement»
Le suspect a été interpellé à 10h20 à Coignières, à hauteur d'un restaurant, par les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a été "placé immédiatement en garde à vue". Selon le parquet, "son casier judiciaire porte trace de 4 condamnations réhabilitées de plein droit". La réhabilitation de plein droit intervient automatiquement lorsqu'aucune nouvelle condamnation pour un crime ou un délit n'a été prononcée pendant un délai fixé par la loi. Elle efface les incapacités et déchéances liées aux peines prononcées. "La perquisition de son domicile nécessitant sa présence conformément aux dispositions du code de procédure pénale, il n'a pour l'heure pas été entendu par les enquêteurs", ajoute le PNAT. Le suspect avait affirmé être "là pour tuer des personnes qu'il considérait être d'origine étrangère", selon le député LIOT des Yvelines Laurent Mazaury.
Lors de la fouille de sa Renault Clio, les enquêteurs ont découvert "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène". Le Sten est un pistolet-mitrailleur britannique mis en service en 1941, utilisé notamment par la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. À Plaisir, la perquisition du domicile du suspect, "toujours en cours à 18h30, mettait en évidence la mise en place d'un dispositif de piégeage de son appartement au moyen de trois bouteilles de gaz et de fils électriques connectés à un minuteur", relève le parquet. Selon des sources concordantes, une petite quantité de poudre blanche, qui serait de la cocaïne, a également été découverte dans la Clio.
"Une autre garde à vue d'une personne membre de son entourage familial direct a par ailleurs été prise dans l'après-midi", précise également le PNAT.
Cinq blessés dont l'état n'est «pas stabilisé»
La victime décédée est "un homme né en 2000 de nationalité française". "5 victimes blessées étaient prises en charge par les secours. Leur état de santé n'est – à cette heure – pas stabilisé", fait savoir le parquet. Parmi elles figure une fillette de 12 ans, dont la mère a témoigné de son incompréhension. "Par ailleurs, plusieurs personnes situées à proximité immédiate des coups de feu sont particulièrement choquées", ajoute le PNAT.
L'association d'aide aux victimes France Victimes 78 a été saisie pour leur apporter aide et soutien, et la préfecture des Yvelines a ouvert une cellule d'urgence médico-psychologique. Le procureur de la République antiterroriste, le magistrat de permanence et une magistrate référente victime se sont rendus sur les lieux des faits.
Une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste
Le PNAT a ouvert une enquête des chefs "d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", de "tentatives d'assassinats" avec les mêmes circonstances, de "détention d'arme de catégorie A en relation avec une entreprise terroriste" et d'"association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes".
Les investigations sont confiées à la SDAT, service coordinateur, à la DGSI, à la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), aux six directions zonales de la police nationale (DZPN) et à la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Versailles.
Un «attentat terroriste raciste», selon Emmanuel Macron
Lors d'une déclaration face à la presse ce vendredi soir, à la mairie de Trappes, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé qu'il s'agissait d'un "attentat terroriste raciste". Le chef de l'État a déclaré qu'il s'agissait d'un "tournant dans la vie de la République". "C'est la première fois qu'il y a eu un acte planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne", a-t-il estimé. "Nous n'avons rien à céder aux idées qui s'installent dans la République et qui justifient ce genre de comportement", a-t-il assuré, ajoutant que "la République est une et indivisible".
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