Disparition de Lyhanna : le corps découvert est celui d'un enfant, annonce le procureur

Le corps d'un enfant a été découvert ce jeudi après-midi, près de Puycasquier (Gers), près d'une semaine après la disparition de la petite Lyhanna, 11 ans. Une autopsie va être pratiquée.
Disparition de Lyhanna : le corps découvert est celui d'un enfant, annonce le procureur
Lyhanna est âgée de 11 ans.
Par La Rédaction
Le jeudi 4 juin 2026 à 18:20 - MAJ jeudi 4 juin 2026 à 18:48

Le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, confirme dans un communiqué ce jeudi à 18 heures que le corps découvert en début d'après-midi dans une usine agricole, près de Puycasquier (Gers), "paraissant être celui d'un enfant a été retrouvé, porteur de vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition".

"Ce jour, 4 juin 2026, après midi, les actions de recherches de Lyhanna menées par les gendarmes les ont conduits à se transporter dans l’est du département du Gers et sur les lieux d’une exploitation agricole ; sur celle-ci, dans un espace écarté d’une vue directe, le corps paraissant être celui d’un enfant a été retrouvé, porteur de vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition", détaille le magistrat.

"D'importants moyens de préservation des lieux ont été déployés par les services chargés de l'enquête", poursuit le procureur. "Ordonnée par Madame la juge d'instruction, une autopsie sera pratiquée dans les prochaines heures, afin de parvenir à identifier formellement le corps et proposer des conclusions médico-légales sur les causes de la mort", ajoute Olivier Naboulet, qui précise qu'"aucune autre information ne sera donnée avant la réalisation de cet acte".

Un suspect déjà connu de la justice

Mis en examen et écroué pour "enlèvement et séquestration sur mineur de moins de 15 ans", le suspect principal dans ce dossier, Jérôme B., 41 ans, était déjà connu de la justice avant la disparition de Lyhanna. Lors d'une conférence de presse tenue mercredi 3 juin au tribunal judiciaire d'Auch (Gers), la procureure de la République Clémence Meyer a fait état de trois procédures judiciaires antérieures le visant pour des faits impliquant des mineurs, ainsi que d'une nouvelle plainte pour viol sur mineur portée à sa connaissance le matin même.

La première procédure remonte à un renseignement judiciaire établi par la gendarmerie en décembre 2017. Une mère avait signalé aux gendarmes la relation entre sa fille, alors âgée de 17 ans, et un homme plus âgé. L'affaire a été classée sans suite en février 2018. "Au regard de l'âge [de la jeune femme], il n'y a eu aucune infraction susceptible d'être enregistrée", a déclaré Clémence Meyer.

La deuxième procédure a été ouverte à Béthune (Pas-de-Calais) en 2022, après une plainte pour viol visant une mineure née en 2013. Les faits dénoncés auraient été commis courant 2020 au domicile du mis en cause, dans le Gers. Reçue au parquet d'Auch en janvier 2024, la procédure a été classée sans suite le 28 mai de la même année, faute d'éléments suffisants. "Pour condamner, il faut que tous les éléments de l'enquête soient caractérisés", a rappelé la magistrate.

La troisième procédure a été lancée le 22 août 2025 et concerne une mineure née en 2014, qui a dénoncé des viols qui auraient été commis au domicile du suspect entre septembre 2024 et mai 2025. La plainte avait été déposée à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne). Le parquet de Toulouse, d'abord saisi, s'est dessaisi fin octobre au profit de celui d'Auch, compétent en raison du lieu des faits et du domicile du mis en cause. "La plainte a été déposée le 22 août 2025. Le 27 août, la plaignante a été entendue et a dénoncé des faits de viols qui auraient été commis sur sa personne entre septembre 2024 et mai 2025", a précisé Clémence Meyer. "Les examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025", a-t-elle ajouté. La procédure n'a toutefois été transmise à la gendarmerie territorialement compétente que le 9 janvier 2026.

«Cette enquête était en cours au moment de la disparition»

Une garde à vue du suspect avait été prescrite, mais elle était encore en cours de planification au moment de la disparition de Lyhanna. Jérôme B. n'a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête. La procureure a souligné que, "dans une enquête pénale, l'audition du mis en cause est toujours le dernier acte d'enquête à effectuer", et que "cette enquête était en cours au moment de la disparition".

Clémence Meyer a par ailleurs indiqué qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été portée à sa connaissance mercredi matin. La magistrate n'a pas souhaité donner de détails sur cette affaire, expliquant ne pas avoir encore pu en prendre connaissance dans l'entièreté de ses éléments. Elle a en outre fait savoir que des "vérifications urgentes" étaient "en cours afin de savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement judiciaire", en référence à un épisode survenu dans le passé professionnel du suspect.

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Elle a également annoncé l'ouverture d'une mission d'inspection confiée à l'inspection générale de la justice, précisant que la plainte de 2022, classée sans suite en 2024, serait "réexaminée à la lumière des nouveaux éléments". "Les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre, et vraisemblablement faire l'objet d'un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres", a-t-elle conclu.

Une enquête administrative ouverte

Sur le plan administratif, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé ce mercredi 3 juin le déclenchement d'une enquête administrative sur le traitement de la plainte pour viols sur mineure déposée en août 2025 contre le suspect. Diligentée conjointement avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, elle a été confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, et porte sur les actes d'enquête réalisés depuis le dépôt de la plainte, afin d'identifier d'éventuels dysfonctionnements.

L'annonce a été faite lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "J'en ai parlé avec le garde des Sceaux et nous avons décidé sur cette question de diligenter une enquête administrative, qui sera confiée à l'inspection générale de la justice, et à l'inspection générale de la gendarmerie nationale, pour identifier évidemment d'éventuels dysfonctionnements", a déclaré Laurent Nuñez.