Incendie de la mairie de Limoges : un second suspect arrêté, l'enquête élargie à la tentative de meurtre

Les auditions des treize policiers municipaux présents dans l'hôtel de ville le soir de l'incendie ont conduit le parquet à retenir la tentative de meurtre contre le premier suspect, toujours en garde à vue. Un sexagénaire a été interpellé ce jeudi par le RAID dans la Creuse.
Incendie de la mairie de Limoges : un second suspect arrêté, l'enquête élargie à la tentative de meurtre
La mairie de Limoges a été incendiée samedi 17 octobre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le jeudi 22 octobre 2026 à 10:20 - MAJ jeudi 22 octobre 2026 à 10:37

Le parquet de Limoges (Haute-Vienne) a ajouté le chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'enquête sur l'incendie de l'hôtel de ville. Treize policiers municipaux se trouvaient à l'intérieur du bâtiment lorsqu'il a été incendié, samedi 17 octobre. La garde à vue du premier suspect, un homme de 40 ans interpellé mardi, a été prolongée de 48 heures. Un second homme, âgé de 66 ans, a été arrêté ce jeudi matin dans la Creuse avec l'appui du RAID, a annoncé la procureure de la République, Émilie Abrantes.

Le quadragénaire était jusqu'ici entendu pour "dégradation en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes" et pour "menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique et chargées d'une mission de service public". Les investigations ont toutefois conduit le parquet à "faire évoluer les qualifications pénales préalablement retenues", indique le ministère public dans un communiqué. "Le travail minutieux des enquêteurs, et notamment l'analyse détaillée des éléments de cartographie et de chronologie des faits, l'exploitation des images provenant du drone utilisé par la police nationale et les auditions circonstanciées des 13 policiers municipaux présents au sein de la mairie de Limoges au moment des faits justifient l'extension du périmètre de la garde à vue en cours au chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique", précise la magistrate. Le soir des faits, le maire de la ville, Guillaume Guérin, avait affirmé auprès de l'AFP que des policiers municipaux avaient réussi à quitter le bâtiment au moment où les assaillants y pénétraient en les menaçant de les tuer.

Une garde à vue prolongée de 48 heures

Le juge des libertés et de la détention a prolongé la garde à vue du suspect de 48 heures, "conformément aux règles applicables en matière de criminalité organisée". Ce régime permet de retenir une personne jusqu'à 96 heures. Originaire de la Creuse, l'homme a été interpellé mardi, peu après 6 heures, à Val-d'Issoire par les policiers de l'antenne bordelaise du RAID. Selon une source proche du dossier, il appartiendrait à la mouvance d'ultragauche et serait fiché S. Il serait aussi déjà connu pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Un sexagénaire interpellé dans la Creuse

Le second suspect a été arrêté "tôt ce matin" dans la Creuse, avec l'assistance de l'antenne du RAID de Bordeaux. Le parquet ne précise pas la commune de l'interpellation. Ce sexagénaire a été placé en garde à vue pour "destruction en bande organisée d'un bien par moyen dangereux pour les personnes".

Les investigations sont menées par la Sous-direction antiterroriste (SDAT), en co-saisine avec la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges. Mardi, le Parquet national antiterroriste (PNAT) ne s'était pas saisi du dossier. Il suivait néanmoins l'affaire aux côtés du parquet local, afin d'évaluer l'opportunité d'une saisine.

Le campanile et la toiture effondrés

L'hôtel de ville a été pris pour cible samedi en fin d'après-midi, en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère. Les auteurs se sont introduits dans le bâtiment par les caves avant d'y mettre le feu. Les flammes ont ensuite gagné les combles. Malgré une nuit entière de lutte, les sapeurs-pompiers n'ont pas pu empêcher l'effondrement de la toiture et du campanile, haut de 43 mètres. Seule l'aile administrative, située à l'arrière de l'édifice inauguré en 1883 et classé au patrimoine historique, a été épargnée. Le maire LR de la ville évalue les dégâts à plusieurs dizaines de millions d'euros, voire à plus d'une centaine de millions.

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