Policier roué de coups à Belfort : deux suspects placés en garde à vue

Le jeune homme que le commandant venait de menotter fait partie des suspects identifiés par les enquêteurs. Le procureur de Belfort, qui a rejeté les accusations de tentative de noyade visant le policier, doit s'exprimer à 16 heures.
Policier roué de coups à Belfort : deux suspects placés en garde à vue
Un commandant de police a été lynché à Belfort vendredi 2 octobre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le dimanche 4 octobre 2026 à 12:22

Deux personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur le lynchage d'un commandant de police, vendredi 2 octobre à Belfort (Territoire de Belfort), en marge d'une journée de blocages lycéens. Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, a annoncé ces interpellations ce dimanche matin. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique en réunion. Le magistrat doit tenir une conférence de presse à 16 heures pour faire le point sur les investigations.

Les faits se sont produits vers 09h15 aux abords du lycée Gustave-Courbet, alors que des heurts opposaient manifestants et forces de l'ordre. Le commandant, né en 1967, dirige le service départemental du renseignement territorial (SDRT). Il intervenait seul et en civil. Il venait d'interpeller un jeune homme soupçonné d'avoir participé à des jets de projectiles et à des départs de feu, lorsqu'il a été pris à partie par un groupe d'individus masqués et encapuchonnés. Projeté au sol, le policier a reçu de nombreux coups, notamment à la tête. Il a brièvement perdu connaissance avant d'être hospitalisé. Son état "n'inspire heureusement plus d'inquiétude majeure", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Le jeune menotté «identifié clairement»

Samedi, le procureur a fait savoir que plusieurs suspects ont été identifiés. "On a plusieurs personnes désormais identifiées comme susceptibles d'être parmi les auteurs principaux", a-t-il déclaré. Il se disait "assez optimiste" quant à leur interpellation dans les 24 heures. Le magistrat n'a précisé ni leur nombre, ni s'il s'agissait de l'ensemble des personnes recherchées. Des parents ont par ailleurs transmis des vidéos aux enquêteurs.

Parmi ces suspects figure le jeune homme que le commandant venait d'interpeller, et qui s'était enfui pendant le lynchage. Reconnaissable à sa "menotte au poignet", il est "identifié clairement comme venant porter deux violents coups de pied à la tête du policier", a affirmé Paul-Édouard Lallois. L'identité et l'âge des deux personnes placées en garde à vue ce dimanche n'ont pas été communiqués. On ignore à ce stade si ce suspect figure parmi elles.

Un lycéen de 17 ans, interpellé juste après les faits, avait quant à lui été remis en liberté samedi midi. Aucune poursuite n'a été engagée à son encontre, l'enquête n'ayant pas établi qu'il avait frappé le fonctionnaire. "Il était néanmoins sur place et ses dépositions nous permettent de mieux comprendre le contexte", a souligné le procureur.

«C'est l'individu qui va délibérément dans l'eau»

Les vidéos de l'interpellation, filmées quelques instants avant l'agression, ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux et ont suscité une vive polémique. On y voit le commandant aux prises avec le jeune homme dans la Savoureuse, un cours d'eau qui longe le lycée, avant de parvenir à le maîtriser sur la berge. Des internautes et des élus ont dénoncé des violences policières, certains accusant le policier d'avoir voulu "noyer" le suspect.

Le procureur a fermement rejeté ces accusations. Selon lui, le jeune homme cherchait à échapper au commandant qui le poursuivait. "C'est l'individu qui va délibérément dans l'eau", a-t-il expliqué, comme le rapporte Le Figaro. "Tous les deux tombent dans le ruisseau, c'est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l'eau et l'individu affalé sur l'eau", a détaillé le magistrat. Le jeune homme "ne peut pas être immergé dans l'eau, il n'y a pas assez d'eau pour être immergé", a-t-il assuré.

Un «acte abject» selon le ministre

Laurent Nuñez a dénoncé des images "insoutenables" et "d'une rare violence". "Tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs de cet acte abject", avait assuré le ministre dès vendredi. Cette agression s'inscrit dans un contexte de durcissement du mouvement de blocage des lycées. Les lycéens mobilisés réclament davantage de moyens et d'enseignants, et contestent l'interdiction des téléphones portables dans les établissements scolaires.