Professeur aspergé d'essence à La Ciotat : trois lycéens désormais en garde à vue

Le procureur de la République de Marseille a détaillé ce mardi les infractions reprochées aux adolescents. Le principal suspect aurait aussi dégradé un véhicule de police juste après l'agression.
Professeur aspergé d'essence à La Ciotat : trois lycéens désormais en garde à vue
L'entrée du lycée de la Méditerranée à La Ciotat. (Google view)
Par Actu17
Le mardi 6 octobre 2026 à 22:04

Trois lycéens de 16 ans sont en garde à vue à Marseille dans l'enquête sur l'agression d'un professeur, aspergé d'essence puis frappé vendredi 2 octobre devant le lycée de la Méditerranée de La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Dans un communiqué diffusé ce mardi après-midi, le parquet de Marseille a détaillé les infractions reprochées aux adolescents. Les qualifications vont désormais de la participation à un attroupement armé aux dégradations en réunion.

Le principal suspect, un élève de l'établissement, a été interpellé dimanche matin à Marseille. Selon une source proche de l'affaire, sa garde à vue a été provisoirement interrompue, avant de reprendre. Les investigations ont depuis révélé qu'"au moins deux de ses camarades pouvaient être impliqués dans la préparation et la participation de certains faits commis ce jour-là aux abords du lycée", indique le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ces deux élèves, eux aussi âgés de 16 ans, ont à leur tour été placés en garde à vue à la division de la criminalité territoriale (DCT) de Marseille.

Cinq infractions retenues

Les trois mineurs doivent répondre des chefs de "participation à un attroupement armé, violences sur personne chargée de mission de service public, violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, vol à l'occasion d'une manifestation sur la voie publique et dégradations en réunion", précise le parquet.

L'enquête avait initialement été ouverte samedi pour violences avec ITT (incapacité totale de travail) inférieure ou égale à huit jours. Trois circonstances aggravantes avaient été retenues : l'usage d'une arme, la dissimulation du visage et la qualité de la victime, chargée d'une mission de service public.

Un véhicule de police dégradé

Dans son communiqué, le magistrat revient sur le déroulé des faits. Vendredi matin, le professeur de 59 ans tentait d'éteindre un feu devant le lycée, "dans un contexte de manifestations lycéennes". "Un jeune au visage dissimulé lui jetait de l'essence au visage puis lui assénait un violent coup de pied", rapporte le parquet. Quelques instants plus tard, ce même adolescent s'en serait pris à un véhicule de police sérigraphié, qu'il aurait dégradé. La scène de l'agression a été filmée et la vidéo a circulé sur les réseaux sociaux.

La victime, Thierry Laurent, enseigne la physique-chimie dans l'établissement. Touché à l'œil droit, il souffre d'une lésion de la cornée. Sur BFMTV dimanche, il a indiqué ne pas connaître personnellement l'adolescent et a annoncé vouloir reprendre les cours dès lundi. Il a déposé plainte à la demande de son institution et a exprimé le souhait de rencontrer son agresseur présumé, une demande qui lui a été refusée par le commissariat. "Ce qui m'importe est que ce gamin ne refasse pas la même chose", a-t-il confié.

Plus de 6 500 interpellations

Ce mouvement de contestation lycéen est né le 17 septembre en région parisienne, avant de gagner de nombreuses villes de France. Plusieurs blocages ont dégénéré en violences et en dégradations, que le gouvernement a qualifiées de "violences urbaines". Ce mardi soir, le ministère de l'Intérieur recensait 6 547 interpellations en marge de cette mobilisation.