Retraités tués à Villers-Semeuse : les détails glaçants du crime «prémédité» par la petite-fille des victimes et son petit ami

Dans un communiqué, le procureur de la République de Reims détaille le déroulé du double meurtre commis à Villers-Semeuse. Le crime, prémédité, a été perpétré par la petite-fille du couple et son petit ami, tous deux mineurs. Les faits sont requalifiés en assassinat.
Retraités tués à Villers-Semeuse : les détails glaçants du crime «prémédité» par la petite-fille des victimes et son petit ami
Illustration. (Shutterstock)
Par La Rédaction
Le jeudi 2 avril 2026 à 18:56

Deux retraités âgés de 74 et 71 ans ont été tués à leur domicile de Villers-Semeuse, près de Charleville-Mézières (Ardennes), par leur petite-fille de 16 ans et son petit ami de 15 ans. Comme Actu17 l'a révélé mardi, les deux mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue. Dans un communiqué diffusé ce mercredi après-midi, le procureur de la République de Reims a livré les détails de cette affaire glaçante : le double meurtre a été prémédité, entraînant une requalification des faits en assassinat.

Le mardi 31 mars, les pompiers étaient alertés par la famille du couple, sans nouvelles depuis le dimanche. Sur place, ils trouvaient la maison vide. Les policiers du commissariat de Charleville-Mézières se rendaient ensuite au domicile et découvraient dans la cave un tas d'objets hétéroclites "d'où dépassait un pied humain", selon le communiqué du procureur. "Du sang était également retrouvé sur les escaliers notamment ceux menant du rez de chaussée au premier étage", précise-t-il. Les corps des deux victimes étaient extraits de la cave. Le Service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Reims était immédiatement co-saisi avec le commissariat de Charleville-Mézières, "la cause criminelle ne faisant plus de doute".

Cinq plaies par arme blanche sur le grand-père, six sur la grand-mère

Les autopsies, pratiquées le 1er avril, ont mis en évidence cinq plaies par arme blanche sur le grand-père, "en bas du dos, sur le bras gauche et la cuisse droite, ainsi qu'une plaie à l'arrière du thorax, cause de la mort par hémorragie", détaille le procureur. La grand-mère présentait quant à elle six plaies par arme blanche, "deux au cuir chevelu, une en bas du cou, et deux plaies thoraciques mortelles également par hémorragie". Elle présentait par ailleurs des traces de chocs au niveau du visage. Un couteau avec une lame de 21 cm, qui avait été nettoyé, était retrouvé dans l'évier du domicile et "pouvait correspondre à l'arme employée pour commettre le crime".

Le couple hébergeait sa petite-fille en tant que tiers digne de confiance. Les soupçons se sont rapidement portés vers l'adolescente. Outre le fait qu'elle "semblait être la seule à ne pas s'inquiéter pour la disparition de ses grands-parents", elle ne s'était pas présentée le lundi à son lycée de Sedan, mais avait été vue le matin aux abords de l'établissement avec son petit ami. L'exploitation de la vidéosurveillance d'un magasin de téléphonie d'une galerie commerciale permettait de la voir avec son petit ami "en train d'acheter des smartphones haut de gamme, avec une liasse de billets de banque à la main", indique le procureur. Les deux adolescents étaient finalement interpellés dans une friche industrielle de Sedan et placés en garde à vue pour meurtre le 31 mars à 14h50.

Elle affirme qu'elle «ne recommencera plus»

Face aux enquêteurs, les deux mineurs ont reconnu "très rapidement et sans aucune réserve être les responsables de la mort des grands parents de la jeune fille", selon le communiqué. Le crime s'est avéré prémédité, la jeune fille ayant eu "l'idée de tuer ses deux grands parents au moins quinze jours avant la date de commission des faits". Son petit ami a accepté de participer. Le mobile ne serait pas d'ordre financier, le vol d'argent étant qualifié d'opportuniste par le procureur, mais lié au fait que les grands-parents s'opposaient à leur relation. La grand-mère, "en tout cas selon la jeune fille, lui aurait mis des gifles lors de disputes sur ce sujet".

Selon les déclarations des deux adolescents, le jeune homme serait entré dans la maison des grands-parents le dimanche en fin d'après-midi, sans se faire voir, pour rejoindre sa petite amie. Celle-ci avait dissimulé des couteaux dans une boîte sous son lit "en vue de leur projet meurtrier". Le garçon est resté caché sous le lit tandis que la famille dînait, puis a passé la nuit dans la chambre avec l'adolescente. Les grands-parents ont été vus vivants lundi matin par un témoin, ce qui confirme que les faits ont eu lieu dans la matinée. D'après le communiqué, la grand-mère est ensuite montée dans la chambre et y a surpris le jeune homme, "ce qui l'aurait mis en colère". La jeune fille se serait alors saisie du couteau et aurait poignardé sa grand-mère à deux reprises, la faisant chuter dans l'escalier. Le grand-père, alerté par les cris, est arrivé et le garçon lui aurait porté un coup de couteau. "Ensuite, et sans que les rôles de chacun ne puissent être définis avec précision, ils ont porté des coups de couteaux, voire des coups de pieds, alors qu'ils étaient à terre en bas de l'escalier, toujours vivants", poursuit le procureur. Les deux adolescents ont ensuite nettoyé les lieux ainsi que le couteau utilisé, avant de transporter les corps dans la cave en les dissimulant sous un amas d'objets. En fouillant la chambre des grands-parents, ils ont trouvé une boîte contenant entre 3000 et 4000 euros en espèces, qu'ils ont dépensées dans une galerie commerciale pour acheter trois smartphones haut de gamme. La carte bancaire des victimes a également été prise par les deux auteurs.

Le procureur souligne que "tant les enquêteurs que les magistrats du Parquet qui ont eu à les interroger ont été frappés par leur absence complète d'émotion et leur froideur générale, hormis quelques pleurs". Dans leurs auditions, les deux adolescents se contentaient de se dire "tristes" de ce qui s'est passé, la jeune fille promettant "qu'elle ne recommencerait plus". Les quelques incohérences relevées dans leurs récits ne sont pas dues à une volonté de dissimulation, mais "simplement à leur jeune âge et leur immaturité", estime le procureur.

Le garçon déjà connu pour des violences avec arme

La jeune fille n'est pas connue sur le plan pénal, mais elle est suivie en assistance éducative par le juge pour enfants de Charleville-Mézières. L'adolescent est en revanche connu de la justice pour des faits de violences avec arme commis en septembre 2025, pour lesquels il devait être jugé le 10 avril par le juge pour enfants de Reims.

Les deux mineurs sont déférés ce mercredi devant un juge d'instruction de Reims en vue d'une mise en examen pour assassinat. Cette qualification leur fait encourir une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour le garçon, âgé de moins de 16 ans. Pour la jeune fille, âgée de 16 ans, la peine encourue est également de 20 ans, mais pourrait être portée à 30 ans de réclusion criminelle si l'excuse atténuante de minorité venait à être écartée. Le placement en détention provisoire a été requis en maison d'arrêt pour l'adolescent et en établissement pour mineurs pour la jeune fille.