Rima Hassan convoquée devant le tribunal pour «apologie du terrorisme», de la 3-MMC retrouvée dans ses affaires

L'eurodéputée LFI sera jugée le 7 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel pour apologie de terrorisme commise en ligne, a indiqué le parquet de Paris. Elle encourt 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. De la 3-MMC a par ailleurs été retrouvée dans ses affaires.
Rima Hassan convoquée devant le tribunal pour «apologie du terrorisme», de la 3-MMC retrouvée dans ses affaires
Rima Hassan à Paris, le 20 juin 2024. (Idir Hakim FR / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 3 avril 2026 à 00:25 - MAJ vendredi 3 avril 2026 à 00:37

La garde à vue de l'eurodéputée Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI), a été levée ce jeudi. À l'issue de cette mesure, l'élue de 33 ans "s'est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel le 7 juillet 2026, pour être jugée du chef d'apologie de terrorisme commise en ligne", a indiqué le parquet de Paris. Elle encourt une peine de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête le 27 mars, au lendemain de la publication d'un tweet sur le réseau social X dans lequel Rima Hassan relayait des propos attribués à Kōzō Okamoto, un militant de l'Armée rouge japonaise. Le 30 mai 1972, ce dernier et deux autres militants avaient récupéré des bagages contenant des armes automatiques avant d'ouvrir le feu dans le hall de l'aéroport de Lod, en Israël, tuant 26 personnes et en blessant plus de 80. Dans son tweet, depuis supprimé, l'eurodéputée écrivait, en référence à Kōzō Okamoto : "J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".

Le message était accompagné d'un post du compte "Israel Exposed" rappelant la participation d'Okamoto à l'attentat, ainsi que d'une photo le montrant porté sur les épaules d'hommes vêtus de treillis et de keffiehs.

Une garde à vue sans levée de l'immunité parlementaire

Le ministre de l'Intérieur avait adressé un signalement portant sur le même tweet le lundi 30 mars, a précisé le parquet. Ce dernier avait ensuite reçu des plaintes et signalements de l'Organisation juive européenne (OJE) et de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA). Le député Rassemblement national (RN) de la Somme Matthias Renault avait également indiqué avoir saisi la procureure de la République dès le 27 mars.

Faisant suite à sa convocation, Rima Hassan s'est présentée à 9 heures ce jeudi matin dans les locaux du 2e district de police judiciaire (DPJ) à Paris. Le parquet a précisé que "ce placement en garde à vue est possible, sans qu'il soit nécessaire de faire procéder à la levée de l'immunité parlementaire, dans le cadre de l'enquête de flagrance".

De la 3-MMC et du CBD retrouvés dans ses affaires

"La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC", a indiqué le parquet de Paris. Selon les informations d'Actu17, il s'agit d'environ deux grammes de cathinone et d'un gramme de CBD. La 3-MMC est une cathinone de synthèse aux effets stimulants proches de ceux de la cocaïne ou de l'ecstasy, classée comme stupéfiant en France. "Ces éléments sont disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte", a ajouté le ministère public.

16 procédures clôturées, 6 toujours en cours

Selon le parquet, "Rima Hassan a fait l'objet de 16 procédures clôturées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne" : "13 procédures ont été classées sans suite" et "3 procédures ont été jointes aux précédentes comme simples éléments de contexte".

L'eurodéputée est par ailleurs mise en cause dans six autres procédures toujours en cours, "soit au parquet, soit confiées à la BRDP (Brigade de répression de la délinquance faite aux personnes, de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris)". "Il n'y a pas de communication sur ces procédures toujours en cours", a précisé le parquet.