Une adolescente de 16 ans contrainte d'enchaîner jusqu'à 40 passes par jour, quatre jeunes hommes jugés à Bobigny

Quatre jeunes hommes de 20 à 22 ans étaient jugés ce vendredi par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir prostitué une adolescente de 16 ans, souffrant d'un sévère trouble de l'attention. Selon la mère de la victime, sa fille était contrainte d'enchaîner jusqu'à 40 passes par jour.
Une adolescente de 16 ans contrainte d'enchaîner jusqu'à 40 passes par jour, quatre jeunes hommes jugés à Bobigny
Illustration. (Adobe Stock)
Par Actu17
Le samedi 16 mai 2026 à 22:47

Quatre jeunes hommes âgés de 20 à 22 ans étaient jugés ce vendredi devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour proxénétisme aggravé et blanchiment. Ils sont soupçonnés d'avoir prostitué une adolescente de 16 ans, souffrant d'un sévère trouble de l'attention avec hyperactivité (TDAH), à travers la Seine-Saint-Denis et le Val-d'Oise, raconte Le Parisien.

Originaires d'Aulnay-sous-Bois et de Dugny, les quatre hommes auraient contraint Inès (le prénom a été modifié) à enchaîner les passes, sans protection. Lors des rapports tarifés, les prévenus restaient sur place afin de garder un œil sur le client comme sur l'adolescente, et encaisser directement l'argent. À la barre, la mère de la victime n'a pas contenu sa colère, traitant les prévenus de "pédophiles" : "On ne fait pas faire 30 à 40 passes par jour à une gamine de 16 ans. C'est inhumain."

Des preuves accablantes

L'enquête s'est appuyée sur des éléments matériels solides. La victime avait livré des noms, remis des photos de ses exploiteurs et des numéros de téléphone. L'examen des comptes bancaires et des réseaux sociaux a permis de confirmer leur implication. Les enquêteurs ont notamment retrouvé de nombreux règlements de 25 euros sur le site Sexemodels.com, ainsi que des réservations rapprochées sur Booking qui ont retenu l'attention des magistrats.

Dans le box, les quatre prévenus ont balayé les accusations. Présenté par Inès comme "l'architecte" du système prostitutionnel, Killian affirme "découvrir les choses". Ce jeune homme, qui a travaillé au service comptabilité de l'Aide sociale à l'enfance en Seine-Saint-Denis, habite Dugny, comme la victime, mais affirme ne pas la connaître. "J'étais dans ma vie. On m'a attrapé et mis en prison", s'est-il désolé.

Un ancien petit ami parmi les prévenus

Amadou, qui avait fréquenté Inès au collège, aurait été celui qui l'a mise en relation avec Killian. Il dénonce "de la méchanceté et de la malveillance". Pierre-Paul, dit "H Mauvais", assure de son côté ne pas connaître la victime. Le dernier prévenu, surnommé "Furax", qui comparaissait libre, exerce le métier d'éducateur petite enfance et se dit lui aussi étranger à l'affaire.

Dénonçant l'exploitation sexuelle du corps d'une enfant, la substitute du procureur a requis 6 ans de prison et 5000 euros d'amende à l'encontre de Killian, et des peines de 5, 4 et 3 ans pour ses comparses. Le jugement devait être rendu dans la soirée.