Sarcelles : Un commanditaire présumé du projet d'attaque écroué, la piste terroriste toujours en suspens

Le suspect, qui vivait en Espagne, a été interpellé sur mandat d'arrêt européen. Comme les six hommes déjà mis en examen en juillet, il n'est pas poursuivi pour des infractions terroristes.
Sarcelles : Un commanditaire présumé du projet d'attaque écroué, la piste terroriste toujours en suspens
Illustration. (Victor Joly / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 22 octobre 2026 à 16:54

Un homme soupçonné d'être l'un des commanditaires d'un projet d'attaque à Sarcelles (Val-d'Oise) a été mis en examen et placé en détention provisoire le 9 octobre dernier à Paris. Ce suspect, qui résidait en Espagne, a été interpellé en exécution d'un mandat d'arrêt européen, a rapporté l'AFP ce jeudi de sources proches du dossier. Selon l'une d'elles, il n'est pas poursuivi pour des infractions terroristes.

Sa mise en examen intervient dans le cadre de l'information judiciaire antiterroriste ouverte fin juillet. À ce stade, la qualification terroriste n'a été retenue contre aucun des suspects, mais elle n'est pas pour autant écartée. "Ce n'est qu'à la fin (des investigations) que la piste terroriste sera définitivement abandonnée ou retenue", a résumé une source proche du dossier.

Une Kalachnikov découverte dans une Toyota

L'enquête a été déclenchée par un renseignement transmis à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Celui-ci faisait état d'une "possible attaque islamiste visant une synagogue de Sarcelles", avait indiqué le parquet national antiterroriste (PNAT) dans un communiqué cet été. Dans la soirée du 11 juillet, une Toyota a été découverte dans un quartier fréquenté de cette commune d'environ 60 000 habitants. Un fusil d'assaut de type Kalachnikov, une arme de poing Beretta et plusieurs chargeurs se trouvaient à bord.

Plusieurs sources ont rapidement invité à la prudence sur la cible réelle de ce projet. Moïse Kahloun, président de la communauté juive de Sarcelles, a affirmé le 12 juillet qu'"il n'existe, à ce stade, aucun élément permettant d'établir un lien direct avec la communauté juive."Il a rappelé qu'un cinéma avait été évacué, mais pas la synagogue.

Six premiers suspects mis en examen en juillet

En juillet, six hommes ont été mis en examen dans ce dossier, eux aussi pour des infractions de droit commun, dont le vol en bande organisée. Le PNAT a précisé que les investigations n'établissaient pas, "à ce stade", "leur connaissance du projet terroriste". Ces suspects sont "soupçonnés d'avoir participé au convoyage du véhicule découvert le 11 juillet à Sarcelles" ou "d'avoir participé à la fourniture ou à la livraison des armes", avait détaillé le parquet. Lors de l'ouverture de l'information judiciaire, le ministère public avait fixé deux objectifs aux juges d'instruction. Ils devaient "préciser" le "projet d'action violente dénoncé" et identifier "des commanditaires de la livraison du véhicule Toyota" à bord duquel les armes ont été retrouvées.

Du côté de la défense, deux des premiers mis en examen contestent les faits. "Mon client conteste tout lien avec une action terroriste", avait déclaré en juillet Me Steeve Ruben, avocat de l'un des six hommes. Me Hector Lajouanie, conseil d'un autre mis en examen, a affirmé ce jeudi que son client "conteste l'intégralité des faits reprochés."